le roi juan carlos d'espagne va abdiquer
le roi juan carlos d'espagne va abdiquer © reuters

Il a décidé de céder la place à son fils après 39 ans sur le trône d’Espagne. Le roi Juan Carlos abdique au profit du prince-héritier Felipe. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, l’a annoncé ce lundi.

La nouvelle a pris tout le monde de court : Juan Carlos 1er dépose sa couronne. Le roi d’Espagne abdique au profit du prince-héritier Felipe après près de 39 ans de règne. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol l'a annoncé ce matin. A Madrid, les précisions de Matthieu de Taillac

Agé de 76 ans, Juan Carlos est monté sur le trône deux jours après la mort du Général Franco en novembre 1975. Le monarque a longtemps bénéficié d'une forte cote de popularité pour son rôle dans la transition démocratique au sortir de la dictature. Il a permis à l'Espagne de rejoindre le cercle des grandes démocraties européennes. Les Espagnols gardent en mémoire son intervention du 23 février 1981. Ce jour-là, le jeune roi adresse un message télévisé à des officiers putschistes de la Garde civile qui tentaient de renverser le Parlement. Il réussit à déjouer la tentative de coup d'Etat.

Une prise d'otage relatée dans ce reportage de l'époque :

François Hollande s'est entretenu avec le Roi ce matin. Le président français salue celui qui a "incarné l'Espagne démocratique" :

Il a mené son pays sur le chemin des libertés civiles et politiques, de l'intégration européenne et de la modernité.

Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, a convoqué un conseil des ministres extraordinaire dès demain. Un amendement à la Constitution sera nécessaire pour permettre cette abdication. Juan Carlos a tenu à s'adresser "personnellement aux Espagnols" ce midi à la télévision.

Une décision qui a surpris les Espagnols. C'est ce qu'a constaté Etienne Monin, notre envoyé spécial à Madrid

Parties de chasse au Botswana et soupçons de corruption

l'infante cristina d'espagne devant la justice
l'infante cristina d'espagne devant la justice © reuters

La fin de règne de Juan Carlos a été ternie. Il a dû affronter des soucis de santé à répétition, depuis une l’opération d'une tumeur bénigne au poumon en mai 2010. Mais le Roi a surtout été affaibli par plusieurs scandales. L’opinion publique espagnole a notamment été marquée par sa coûteuse partie de chasse à l'éléphant au Botswana en avril 2012. Le souverain avait dû être rapatrié pour une fracture à la hanche. L’affaire a choqué l’Espagne plongée dans une crise économique sans précédent.

Son aura a aussi pâli à cause d'affaires de corruption impliquant la famille royale. Sa fille, l’Infante Cristina, a été inculpée pour fraude fiscale et son gendre pour détournement de fonds publics.La famille royale va donc devoir tourner la page. Décryptage avec Guillermo Altarès, journaliste au quotidien El Pais, invité du journal de 13h de Claire Servajean

target="_blank" href="http://www.franceinter.fr/#"> Lecture###

Un successeur désigné

C’est son fils, Felipe de Bourbon qui prendra sa succession. A 46 ans, il a été élevé depuis sa plus tendre enfance dans un but unique : devenir roi d'Espagne. Après une dernière année de lycée au Canada, Felipe passe par les écoles militaires des trois armées. Il fait aussi des études de droit à l'Université autonome de Madrid et décroche un master de relations internationales à l'Université de Georgetown à Washington. Au fil des années, il assume un rôle protocolaire grandissant et multiplie les activités publiques, notamment à l'étranger . Le futur roi est d'ailleurs en visite au Salvador pour l'investiture du nouveau président.

Le prince Felipe est actuellement en visite au Salvador
Le prince Felipe est actuellement en visite au Salvador © Radio France

Il parle également catalan : un atout auprès de la population de cette région où les aspirations nationalistes se sont renforcées avec la crise économique, contribuant à tendre les relations avec Madrid. Un prince moderne et discret qui devra convaincre, dans un pays où le soutien populaire à la famille royale est à son plus bas niveau historique. Dans un sondage paru en janvier, 41% des Espagnols affirmaient avoir une "haute ou une très haute opinion du roi" : une chute de 9 points par rapport à l'an dernier. En mars 2013, près de six Espagnols sur dix (56,9%) estimaient que Juan Carlos devait abdiquer.

infographie famille royale espagne
infographie famille royale espagne © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.