Les Espagnols votent ce dimanche pour des élections législatives représentant un grand saut vers l'inconnu.
Les Espagnols votent ce dimanche pour des élections législatives représentant un grand saut vers l'inconnu. © MaxPPP

Les Espagnols votent ce dimanche pour des élections législatives représentant un grand saut vers l'inconnu. En effet, l'arrivée des nouveaux partis Ciudadanos et Podemos, redistribue les cartes sur l’échiquier politique.

"Ya hemos ganado" ("On a déjà gagné"), répètent les partisans de Podemos (gauche radicale) et de Ciudadanos (libéral).

Tous pensent que ce lundi au lendemain du scrutin qui s'est ouvert dimanche à 09h00 et durera jusqu'à 20h00, les partis politiques classiques devront écouter leur exigence de régénération démocratique.

Plus de transparence et d'honnêteté

Ces nouveaux militants veulent plus de transparence et d'honnêteté après des années de crise et de scandales de corruption. "Les Espagnols définissent aujourd'hui à quoi ressemble la nouvelle ère politique", selon El Pais, le célèbre quotidien de centre gauche.

D’après les sondages, le Parti populaire (PP, droite) du chef de gouvernement sortant Mariano Rajoy, largement majoritaire en 2011 avec 45% des voix (186 députés sur 350), n'aurait que quelques points d'avance sur les trois autres mais. Selon toutes vraisemblances, le vainqueur aura du mal à former un gouvernement.

Emergé lors des régionales et municipales de mai

Le Parti socialiste (PSOE) n'est pas sûr de garder sa deuxième place, peinant à dépasser les 20%. Juste derrière, vient l’outsider Podemos et Ciudadanos, qui ont déjà émergé lors des régionales et municipales de mai, Podemos, étant associé à des plateformes citoyennes dirigeant Madrid et Barcelone.

Depuis 40 ans, le PSOE et le PP alternent au pouvoir. Le royaume d'Espagne, a étouffé après avoir étouffé une tentative de coup d'Etat en 1981, a vécu 21 ans de socialisme, de 1982 à 1996 avec Felipe Gonzalez puis José Luis Rodriguez Zapatero (de 2004 à 2011). Puis c’est la droite qui a pris le pouvoir pendant douze ans menée par José Maria Aznar (1996 à 2004) et Mariano Rajoy depuis 2011.

Bulle immobilière, les politiques d'austérité, le chômage

L'explosion de la bulle immobilière, les politiques d'austérité, le chômage qui a atteint 27% début 2013 et les scandales de corruption touchant l'ensemble de la classe politique, sont autant de facteurs de mécontentements pour les Espagnols. Depuis, le chômage a baissé, mais concerne encore un actif sur cinq. La croissance aussi a repris, mais elle n'est pas ressentie par tous, notamment chez les jeunes.

Pour contrer les nouveaux partis, Mariano Rajoy, 60 ans, se concentre sur les 11 millions d'électeurs les plus âgés, ayant plus de 60 ans. Il plaide pour la poursuite d'une gestion saine des finances publiques garantissant les retraites, et prévient les électeurs qu’ils commettraient une "énorme erreur" en choisissant les "expérimentations".

A 14 heures, le taux de participation était un peu plus faible qu'il y a quatre ans, atteignant 36,9% à 14h00, contre 37,9% en 2011. Des résultats sont attendus vers 22h30.

Pour en savoir plus sur l'Espagne d'aujourd'hui, retrouvez Interception le magazine de la rédaction sur ce sujet.

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