Le jeune homme de 19 ans qui a tué 17 personnes dans un lycée de Parkland (Floride) a été inculpé pour meurtres avec préméditation. Petit à petit, les enquêteurs découvrent un ancien élève très perturbé, passionné par les armes à feu.

Nikolas Cruz pris en photo par le bureau du sheriff de Broward County
Nikolas Cruz pris en photo par le bureau du sheriff de Broward County © AFP / Broward County Sheriff's Office/Handout

Après l'une des pires tueries survenue mercredi dans un lycée de Parkland (Floride), les Etats-Unis se demandent désormais comment le tueur, un jeune homme fasciné par les armes, perturbé mentalement et parfois décrit comme lié à un groupuscule d'extrême droite, avait pu échapper à la vigilance de la police.  

Trump refuse de parler des armes à feu

S'exprimant depuis une Maison Blanche au drapeau mis en berne en hommage aux 17 victimes de Parkland, Donald Trump, qui a annoncé qu'il se rendrait sur place, a aussi promis de s'attaquer aux maladies psychiques, se voyant reprocher d'esquiver le débat récurrent sur la dissémination des armes à feu dans le pays. Le président des États-Unis, qui a expliqué s'adresser à une "nation en souffrance", n'a à aucun moment prononcé le mot "arme à feu" lors de sa courte allocution mais a appelé les citoyens américains à "répondre à la haine par l'amour (et) à la cruauté par la gentillesse".

Au Congrès à Washington, les sénateurs ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes, sans pour autant aller vers une réglementation plus stricte en matière d'armes à feu : 

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Par Grégory Philipps

Renvoyé du lycée

Nikolas Cruz, l'auteur de cette tuerie, avait été renvoyé du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, pour raisons disciplinaires, l'an dernier. Ce même lycée dans lequel il est revenu mercredi armé d'un fusil semi-automatique mercredi, un AR-15, tuant 17 élèves et enseignants, et en blessant plus d'une dizaine d'autres. 

Cruz était seul depuis que sa mère adoptive est décédée d'une pneumonie en novembre dernier. Son père adoptif est mort d'une crise cardiaque il y a dix ans. Tous ses copains se sont petit à petit éloignés de lui, lui reprochant ses accès de violence. 

Dépressif et passionné d'armes à feu

Nikolas Cruz avait posté sur les réseaux sociaux des messages "très alarmants", a souligné le shérif, et des images sur Instagram - présentées par plusieurs médias comme le compte du tireur - montraient un homme au visage masqué, coiffé d'une casquette ou d'un bonnet de l'armée de terre avec des couteaux, ou encore l'image d'un fusil à pompe. Robert Runcie, le proviseur du lycée, a précisé : 

Nous n'avons reçu aucun avertissement, aucune indication

Cruz aurait reçu un suivi psychiatrique selon la presse américaine, mais l'aurait interrompu. 

Selon le New York Times, les élèves qui le connaissaient ont décrit Cruz comme étant "un jeune dérangé qui aimait parader avec ses armes à feu, qui se vantait de tuer des animaux et dont la mère appelait régulièrement la police pour qu'elle vienne le calmer. 

Des posts très inquiétants sur les réseaux sociaux

Cruz postait des images d'armes à feu sur Instagram. Sur des sites comme Youtube, il publiait des commentaires "très très inquiétants" selon le sheriff : 

Je veux tuer des gens avec mon AR-15 (...) Je veux mourir en tuant des tonnes de gens

Cruz avait acheté son fusil d'assaut l'année dernière et avait passé avec succès le contrôle de ses antécédents.

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