Tous les deux ans a lieu le Salon Sofins, près de Bordeaux sur le fief du "13", le 13e Régiment de Dragons parachutistes, une des composantes des Forces spéciales. L’occasion de montrer leur savoir-faire et leurs innovations à la fois aux industriels mais aussi à leurs collègues d’autres pays.

Le Corvus, le drone "facile à réparer" des forces spéciales françaises
Le Corvus, le drone "facile à réparer" des forces spéciales françaises © Radio France / Chadi Romanos

Les informations sont rares sur ces soldats, leurs missions gardées secrètes. Les Forces spéciales françaises sont pourtant très sollicitées aujourd'hui sur les théâtres d'opérations au Mali ou en Syrie pour lutter contre le terrorisme. 

Renseignement, infiltration, maintien de la paix ou encore exfiltration de ressortissants, ces 4 400 soldats d'élite appartiennent aussi bien aux armées de Terre, de l'Air qu'à la Marine. Depuis 2013, ils ont leur salon, le Sofins près de Bordeaux, sur le camp militaire de Souge. 

A partir d'aujourd'hui et pendant trois jours, place aux techniques de demain avec 250 exposants. Des tests et des démonstrations auront lieu tout au long du salon. Militaires, industriels et civils vont présenter de nouveaux équipements. Une cinquantaine de délégations étrangères seront également présentes. 

"Agir autrement"

Parmi ces innovations, on pourra trouver une paire de jumelles "intelligentes" ou un drone qui se répare en un tour de main. Pour le vice-amiral Laurent Isnard, le commandant des opérations spéciales, l’innovation est la marque de fabrique de ses soldats. "Agir autrement", la devise des forces spéciales l’impose, il faut devancer l’ennemi, le surprendre. D’où la nécessité d’adapter les équipements pour plus d’agilité, de légèreté notamment. 

Ce qui est un peu nouveau, c’est tout ce qui va tourner autour du cyber et de la guerre électronique. On est tenté aujourd’hui de ramener ce cyber au niveau du combattant. C’est un domaine d’action, de compétition qui est important, qui permet de mieux appréhender notre environnement.

Les forces spéciales apprennent du terrain, du civil mais aussi des ennemis. Sur les drones utilisés très tôt par le groupe État islamique, le retard a été rattrapé et c’est désormais un vecteur largement utilisé sous toutes ses formes. 

Des équipements plus intuitifs

La tendance est au "plug and fight" comme sur votre téléphone portable quand vous installez une application. Sur certains matériels des logiciels qui donneront une analyse enrichie pourront être installés, explique le vice-amiral Isnard, comme par exemple la reconnaissance faciale.

La guerre contre le terrorisme n’est pas terminée. Pour le patron des Forces spéciales françaises, même si l’organisation État islamique a perdu son territoire, elle va continuer sous d’autres formes.

"A côté, ajoute le vice-amiral Laurent Isnard, émerge une nouvelle menace."

C'est le retour d’affrontements potentiels entre des "États puissances". Là, les Forces spéciales vont redécouvrir un métier qu’elles connaissaient, c’est de porter le combat face à des armées conventionnelles avec des outils assez extraordinaires. Nous allons devoir réapprendre à travailler au-delà des lignes, en petites équipes, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés.

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