[scald=203245:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

TULLE (Reuters) - François Hollande a présenté samedi aux Corréziens des voeux emprunts de gravité dans une période "très difficile" marquée par l'intervention de l'armée française au Mali et le dénouement sanglant d'une prise d'otages en Algérie.

L'Afrique était en toile de fond de sa visite de quelques heures à Tulle, en Corrèze, où le chef de l'Etat a été maire et président du Conseil général avant d'accéder aux plus hautes fonctions.

"J'avais prévu de longue date de venir à cette cérémonie de voeux mais je n'imaginais pas qu'elle se tiendrait dans un contexte aussi lourd", a-t-il déclaré devant des milliers de Corréziens réunis dans une salle polyvalente qu'il avait inaugurée le matin même.

Le président a longuement évoqué la situation au Mali, où la France intervient militairement depuis le 11 janvier aux côtés de l'armée malienne pour repousser les islamistes, ainsi que la prise d'otages en cours dans le sud-est algérien.

"L'opération est encore en cours, on nous dit qu'elle est finie, je n'en connais pas l'évaluation précise", a-t-il dit. "Je sais que des otages sont morts, qu'ils ont été lâchement assassinés."

"S'il y avait besoin de justifier l'action contre le terrorisme nous aurions là, encore, un argument supplémentaire", a poursuivi François Hollande.

Selon l'agence de presse algérienne APS, les forces spéciales de l'armée algérienne ont lancé "l'assaut final" contre les djihadistes retranchés sur le site gazier de Tiguentourine, dans le sud-est de l'Algérie.

François Hollande a eu une pensée pour le Français tué lors de cette prise d'otages, Yann Desjeux, et dit qu'il recevrait dimanche à l'Elysée les familles des sept Français otages au Sahel, parfois depuis plus de deux ans.

PENSÉE POUR JACQUES CHIRAC

François Hollande a rendu hommage aux soldats intervenant au Mali et salué la mémoire de trois militaires de Nîmes tués dans un accident de la route alors qu'ils se rendaient à Clermont-Ferrand pour partir dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

"Je mesure à chaque moment le courage de nos soldats engagés dans cette opération", a dit le président de la République.

Il devait rencontrer dans l'après-midi une délégation du 126e régiment d'infanterie de Brive-la-Gaillarde, dont 250 soldats doivent partir au Mali.

La France "n'est pas seule" dans cette opération qui durera "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie-là de l'Afrique", a déclaré François Hollande.

"La France n'est pas seule, appuyée par les pays européens qui nous apportent de l'aide sous toutes ses formes", a-t-il dit à ceux qui regrettent l'absence d'engagement d'autres puissances occidentales au Mali. "Ensuite parce que nous travaillons avec les pays africains qui eux-mêmes vont former l'essentiel de la force internationale (qui) va se déployer dans les meilleurs délais".

Devant les Corréziens, il a rappelé son attachement à leur région, où il a fait toute sa carrière politique.

"Ces voeux sont une marque de fidélité à vous et à ce département, une marque d'amitié indéfectible qui nous lie pour longtemps", a-t-il dit, rendant hommage à un autre élu corrézien l'ayant précédé à l'Elysée, Jacques Chirac.

"J'ai une pensée pour Chirac qui reste présent dans le coeur de beaucoup d'entre vous et à qui j'adresse mes voeux les plus affectueux", a-t-il dit.

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Baptiste Vey

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