L'entente Franco-Egyptienne. Les président Hollande et Sissi en novembre 2014
L'entente Franco-Egyptienne. Les président Hollande et Sissi en novembre 2014 © MaxPPP/EPA/Etienne Laurent

François Hollande est arrivé ce dimanche en Egypte, un pays avec lequel la France entretient des relations privilégiées. Pourtant jamais la situation des droits de l'homme n'a été aussi noire dans le pays

Pour le Président il s'agit de la deuxième étape de sa tournée au Proche-Orient ce week-end en Egypte, un pays avec lequel la France entretient des relations privilégiées, au nom de la lutte anti-terroriste et de la stabilité au proche-Orient. Contrats industriels et militaires, une proximité stratégique très assumée que dénoncent les ONG, tant la situation des droits de l'homme et des libertés civiles est jugée dramatique, cinq ans après la révolution qui a vu la fin d'Hosni Moubarak.

40 000 prisonniers politiques, des centaines de condamnations à mort, recours massif à la torture , abus policiers, disparitions, exécutions extra-judiciaires, répression des manifestants et de la société civile par le biais d'enquête sur leur financement. La liste s'égrène, vertigineuse. Jamais en Egypte, même à l'époque de Moubarak, la situation des droits de l'homme n'a été aussi noire.

"Vous ne pouvez pas signer des accords et reconnaître qu'Eric Lang a été assassiné"

C’est dans ce contexte que Nicole Prost, la mère d’Eric Lang, un français tabassé à mort dans un commissariat du Caire il y a deux ans, exige que François Hollande demande des explications à l’Egypte. Elle et son avocat accusent la France de n’avoir rien dit, ni rien fait, afin de préserver les intérêts stratégiques et commerciaux, notamment militaires, en Egypte.

Il peut me dire quoi, François Hollande ? Qu'il regrette profondement ce qui est arrivé à mon fils ?

Nicole Prost avec Claude Guibal

Un équilibre difficile à trouver pour Paris

Pour la France, le partenariat stratégique avec l'Egypte requiert, comme on le dit pudiquement dans les couloirs de l'Elysée, un équilibre entre intérêts et valeurs. Rafales, corvettes, frégates, et les fameux Mistrals, initialement destinés à la Russie. Les contrats sont énormes. La stabilité de l'Egypte, pivot d'un Proche orient en plein chaos est essentielle. Un partenariat que les militants égyptiens des Droits de l'homme ne remettent pas en question. Mais pour Héba Morayef, de la FIDH, ce soutien sans contrepartie en termes de respect de la démocratie, loin de consolider l'Egypte, la fragilise :

Cinq ans après la révolution, on recommence ce type de relations qui ne tiennent que par un homme, un régime... C'est une politique à très courte vue. Et à ce niveau-là, le soutien et le manque de critique publique devient de la complicité.

Au-delà des Frères musulmans, qualifiés de terroristes, de grandes figures de la jeunesse libérale révolutionnaire sont en prison, d'autres en exil. Ceux qui restent, espèrent de François Hollande des mots et des actes lors de son entretien avec son allié el Sissi.

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