[scald=70863:sdl_editor_representation]BERLIN (Reuters) - François Hollande a plaidé lundi à Berlin pour une relation franco-allemande équilibrée, indispensable à ses yeux à la mise en place dans l'Union européenne d'un "fédéralisme de projets" susceptible d'empêcher les marchés de remplir l'espace.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle s'est exprimé devant le congrès du parti social-démocrate allemand (SPD) à l'invitation de son président, Sigmar Gabriel.

En pleine crise de la zone euro, qui fait l'objet d'une nouvelle réunion lundi à Paris entre le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel en prévision du Conseil européen de cette fin semaine, François Hollande a plaidé pour une Europe mue par la politique, non livrée aux marchés.

"Là où la démocratie régresse, là où la politique recule, c'est le marché qui avance", a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de délégués sociaux-démocrates, qui l'ont applaudi debout à son arrivée et à la fin de son discours.

"Il y a urgence, il faut la traiter, et il y a l'avenir", a-t-il poursuivi. "Ce que je propose, ce n'est pas un fédéralisme des marchés mais un fédéralisme des projets".

Le candidat a dit son attachement à l'euro, "notre patrimoine commun". "Nous devons affirmer notre attachement à l'euro, à la constitution européenne autour de cette monnaie unique", a-t-il dit, plaidant, contre la crise, pour un "pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance".

Alors que des voix se sont élevées dans son camp ces derniers temps contre "l'abdication" de la France vis-à-vis de l'Allemagne, en bien meilleure santé économique, François Hollande a plaidé pour un couple franco-allemand oeuvrant "dans l'égalité et le respect (...) non pas dans le déséquilibre mais dans la poursuite d'une ambition commune. Non pas dans la méfiance mais dans la franchise".

"Je conçois cette relation comme un équilibre (qui), bannissant tout directoire, doit pouvoir constituer la force d'entraînement", a-t-il ajouté.

Lors d'une rencontre avec la presse en début de matinée, François Hollande a déclaré que les propos aux "relents germanophobes" selon l'expression du Premier ministre François Fillon, entendus dans la bouche des élus PS Arnaud Montebourg et Jean-Marie Le Guen, n'avaient pas eu d'écho au SPD.

"Il aurait pu y avoir une interrogation, une émotion (mais) aucun de nos amis sociaux-démocrates ne nous ont posé la question. Quand nous leur en avons parlé, ils ont dit 'on a vu une brève'", a-t-il rapporté. "On ne va pas rentrer dans cette surenchère".

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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