[scald=98055:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande se rend mercredi à Londres pour une visite destinée à conforter sa stature européenne dans une ville qui abrite la "City", centre de la finance mondiale dont le candidat socialiste à la présidentielle a fait son principal adversaire.

Il y parlera croissance et emploi avec le leader du Parti travailliste, Ed Miliband, et s'adressera à des étudiants du King's College, prestigieuse université londonienne.

Invité ce même matin sur RTL, le député de Corrèze prendra ensuite l'Eurostar pour le Royaume-Uni, où il se rend pour la première fois depuis sa victoire à la primaire d'octobre 2011.

L'occasion de poursuivre sa tournée européenne qui l'a vu se rendre à Madrid, Bruxelles, Rome et Berlin, avant une visite en Pologne prévue autour du 9 mars.

"Ce voyage s'inscrit dans le cadre d'une démarche générale de réorientation des politiques européennes vers la croissance, l'emploi, la lutte contre les risques financiers", explique un membre de l'équipe de campagne de François Hollande.

"Même si elle n'est pas dans l'euro, la Grande-Bretagne joue un rôle-clé dans la logique des démarches à 27. C'est aussi un partenaire important de la France en matière de politique internationale et de défense", ajoute ce même conseiller.

Aucun rendez-vous n'est prévu avec les banquiers de la "City", qui avaient manifesté une surprise teintée d'inquiétude après les propos de François Hollande sur la finance, désignée comme son "principal adversaire" depuis le début de la campagne.

Ses explications données ensuite à la presse anglo-saxonne avaient déclenché une polémique avec l'extrême gauche française, qui avait peu goûté son évocation de la disparition "ou presque" des communistes en France ou sa description d'une gauche "ayant libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations".

DÉJEUNER AVEC MILIBAND AU PARLEMENT

Selon son entourage, la visite à Londres de François Hollande ne saurait se limiter à ce seul thème, d'autant plus que les travaillistes britanniques sont d'aussi ardents défenseurs de la City que les conservateurs au pouvoir.

"Son souhait de mettre un terme au désordre de la finance sera présent à Londres comme ailleurs", assure un conseiller.

"En fait, plus la perspective d'une récession se précise et plus on voit que la préoccupation pour la croissance et l'emploi grandit, au-delà des seuls sociaux-démocrates", ajoute-il, évoquant les positions exprimées sur ce point par les dirigeants belge Elio di Rupo et italien Mario Monti.

Une victoire de François Hollande le 6 mai en France donnerait espoir à la gauche européenne, notamment au SPD allemand qui espère revenir au pouvoir en septembre 2013. Les sociaux-démocrates allemands et italiens seront d'ailleurs à Paris les 16 et 17 mars à l'invitation du candidat socialiste.

Chassé du pouvoir il y a deux ans au Royaume-Uni, le "Labour" britannique emmené par Ed Miliband, avec qui François Hollande déjeunera au Parlement britannique, suit aussi de près la campagne électorale française.

Un renforcement de leurs liens favoriserait "l'émergence d'un agenda de centre-gauche européen pour l'emploi et la croissance", écrit Mary Honeyball, élue européenne travailliste, dans un billet publié le 10 février sur le site du Labour.

"Participer à la campagne électorale en France va donner à Ed Miliband l'occasion de s'élever contre le racisme et l'extrême droite tout en soutenant les réformes économiques avec le souci premier de l'intérêt du peuple européen", ajoute-t-elle dans ce texte intitulé "Ed Miliband devrait faire campagne pour François Hollande".

Le candidat français ne rencontrera pas avant l'élection le Premier ministre britannique David Cameron, qui a apporté son appui à Nicolas Sarkozy le 17 février dernier.

Une source diplomatique britannique a expliqué que le protocole interdisait ce genre de rencontre, réservée aux dirigeants en exercice.

A deux mois du premier tour, la venue à Londres du candidat PS est aussi l'occasion de rencontrer une partie des quelque 300.000 Français vivant en Grande-Bretagne, une communauté jeune et active invitée à venir l'écouter en fin d'après-midi.

Edité par Yves Clarisse

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