Dans la presse arabe, on prend acte de l'avance de François Hollande sur le président sortant Nicolas Sarkozy à l'occasion de ce premier tour de la présidentielle. L'Orient-Le Jour à Beyrouth titre sur "une France plus rose que bleue" . Ce qui étonne, c'est évidemment la percée de Marine Le Pen, une "grosse surprise de l'extrème-droite qui prend du poids dans la balance" des forces de droite, constate le journal libanais Al-Nahar.

Pour beaucoup, c'est Marine Le Pen qui détient la clé du deuxième tour. "La danse du ventre a commencé à qui va séduire les électeurs du Front national" , affirme le quotidien algérien Al- Watan qui poursuit : "immigration, insécurité, ce n'est plus un clin d'oeil au FN mais une drague un peu lourde" , en référence aux déclarations de Jean-François Coppé et de Rachida Dati sur les différents plateaux de télévision le soir des résultats.

Un autre quotidien algérien, La Liberté, estime que la campagne droitière de Nicolas Sarkozy a montré ses limites : " après avoir cru que les Français lui seraient reconnaissants de son action au niveau européen face à la crise de la dette, il a changé de stratégie pour mener une campagne agressive, à droite, tout axé sur les valeurs, la sécurité et l'immigration. Sa remontée dans les sondages dans la foulées des tueries de Toulouse et de Montauban s'est, cependant, enrayée net lors des dernières semaines."

Le journal Al-Safir de Beyrouth écrit, sous la plume de Nasri Al-Sayegh, que "Sarkozy a défendu un avenir alors que Hollande a tapé sur les cinq années passées" . Dans son édito intitulé "les élections en France... elles ne nous ressemblent pas" , le journaliste envie le citoyen français qui vote "en fonction de ses intérêts" , et non pas en fonction "de son appartenance biologique à une tribu, un clan ou une confession," comme c'est le cas dans les pays du Moyen-Orient.

On sait que les présidents français ont toujours eu la cote au pays du Cèdre. L'Orient-Le Jour rapporte que Nicolas Sarkozy a été plébiscité avec un score spectaculaire : 54,47% des suffrages des Français installés au Liban contre 19,81% pour François Hollande. Au Liban, il n'y a pas besoin de deuxième tour!

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