Les députés britanniques ont débattus de la participation des frappes en Syrie
Les députés britanniques ont débattus de la participation des frappes en Syrie © MaxPPP/EPA/PA Wire

Après une journée entière consacrée au débat, souvent mouvementé, le Premier ministre britannique a obtenu le soutien de 397 élus parmi lesquels des travaillistes, en plus des conservateurs, alors que 223 ont voté contre. Les premiers bombardements ont immédiatement suivi.

Le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond l'annonçait dès la fin du vote : "Les frappes devraient intervenir très rapidement (...) probablement pas ce soir, mais peut-être dès demain soir." L'armée britannique l'aura finalement fait mentir : tôt jeudi matin, la Grande-Bretagne a conduit ses premières frappes aériennes en Syrie contre l'organisation État islamique. La Royal Air Force a envoyé quatre Tornado depuis sa base de Chypre, où l'armée dispose de huit appareils du même type.

Avant le vote, un débat de dix heures

Le débat qui a vu les députés britanniques donner leur accord à des frappes aériennes en Syrie contre l'organisation Etat islamique, à commencé à midi et demi mercredi. "La menace est réelle. La Chambre ne doit se faire aucune illusion: ces terroristes conspirent pour nous tuer et pour radicaliser nos enfants, a dit David Cameron en ouvrant la séance. Le dirigeant conservateur considère que l'aviation britannique devrait agir en Syrie plutôt que de "sous-traiter" la sécurité de la Grande-Bretagne à d'autres pays. D'autant que l'armée britannique ,qui bombarde des positions de Daech en Irak depuis plus d'un an.

Eviter le "no" de 2013

David Cameron :

Nous ne sommes pas en 2003. Nous ne devons pas utiliser les erreurs du passé comme excuse à l'indifférence et à l'inaction.

En août 2013, les députés avaient infligé un camouflet à Cameron en refusant une intervention militaire contre les forces syriennes. Ca n'a pas été cas cette fois-ci. Jeremy Corbyn, le nouveau leader travailliste, avait bien invité les élus du Labour favorables à une intervention militaire à prendre le temps de la réflexion, mais il avait néanmoins rompu avec la tradition voulant que les dirigeants de parti imposent des consignes de vote à leurs troupes et a annoncé qu'il laisserait les élus travaillistes voter selon leur conscience. Une partie d'entre eux s'est donc prononcé en faveur de frappes aériennes en Syrie lors du vote.

Du côté des conservateurs l'heure n'était pas non plus à l'unanimité. Le président conservateur du comité parlementaire de la Défense a annoncé qu'il voterait contre les frappes. Pour Julian Lewis, le faire par "solidarité" avec la France n'est pas suffisant et ne remplaçait pas une "stratégie réaliste", car selon lui l'intervention aérienne seule "inefficace et potentiellement dangereuse".

Le débat a commencé dans une ambiance houleuse. Plusieurs députés ont demandé à David Cameron de présenter des excuses pour ses propos de la veille. Le Premier ministre a taxé les opposants aux frappes de "sympathisants terroristes".

Le soutien de l'opinion publique, fort au lendemain des attentats meurtriers du 13 novembre à Paris, est en recul de 10 points à 49%.

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