Le président des Etats-Unis a réuni en urgence la presse pour s'attaquer à elle, alors que ses débuts au pouvoir sont balbutiants.

Donald Trump a rassemblé en urgence les journalistes pour une conférence de presse qui ressemblait plus à une convocation et à un pugilat à l'encontre des médias
Donald Trump a rassemblé en urgence les journalistes pour une conférence de presse qui ressemblait plus à une convocation et à un pugilat à l'encontre des médias © AFP / NICHOLAS KAMM

Sous prétexte de présenter le nouveau secrétaire au Travail, Alexander Acosta, Donald Trump s'est vivement attaqué à la presse jeudi, lors d'une conférence de presse organisée en urgence.

Quatre semaines après sa prise de fonctions, le président des États-Unis a voulu dénoncer "la malhonnêteté" de la presse. Les murs de la prestigieuse "East Room" de la Maison Blanche ont tremblé jeudi sous le torrent de paroles du président septuagénaire qui s'en est pris tour à tour à la presse, à la justice ou encore aux démocrates accusés de saper ses efforts.

Combatif mais visiblement blessé aussi, semblant parfois sur le point de perdre le contrôle, le magnat de l'immobilier a défendu ses débuts au pouvoir. Pendant près d'une heure et demie d'une conférence de presse décousue et à la tonalité totalement inédite en ces lieux, il a, entre autres, évoqué le spectre d'un "holocauste nucléaire".

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Donald Trump : "La presse est devenue tellement malhonnête"

Par Frédéric Carbonne

La nouvelle administration Trump fonctionne "comme une machine bien réglée", lance d'entrée le président républicain, contre toute évidence. A tous égards, les premiers pas au sommet de l'Etat de ce novice en politique furent agités des millions de personnes dans les rues au lendemain de son inauguration, un cinglant revers judiciaire sur son décret anti-immigration emblématique, la démission forcée de son principal conseiller diplomatique...

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Assurant avoir hérité d'une situation "chaotique", il affirme, en énumérant les décrets signés dans le Bureau ovale, que jamais une présidence n'avait fait autant en si peu de temps. "Les gens le savent, la plupart des médias, non. Ou plutôt, ils le savent, mais ils ne l'écrivent pas", ajoute-t-il, désignant le bouc émissaire du jour : la presse. La charge, assénée sur tous les tons, est violente, colérique par moments.

L'objectif est clair. Parler à ceux qui l'ont porté au pouvoir, les prendre à témoin : "Je suis ici pour faire passer mon message directement au peuple [...] car nombre de journalistes de notre pays ne vous diront pas la vérité et ne traiteront pas les gens formidables de ce pays avec le respect qu'ils méritent".

"Rien à voir avec la Russie"

Bombardé de questions sur les liens de son équipe avec la Russie de Vladimir Poutine, et d'éventuels contacts durant la campagne avec les services secrets russes, Donald Trump s'emporte : "Je n'ai rien à voir avec la Russie !"

"Les fuites sont réelles, les informations sont fausses", ajoute-t-il à propos de l'avalanche de révélations qui dressent chaque jour un tableau un peu plus troublant de ses relations avec le maître du Kremlin.

Parfois, le président de la première puissance mondiale prend des libertés avec la réalité historique. Il affirme, en introduction, avoir remporté la plus grande victoire en nombre de voix du collège électoral depuis Ronald Reagan ? Un journaliste lui fait remarquer que c'est faux. "C'est ce qu'on m'avait dit", balbutie-t-il en regardant ses notes avant de passer à une autre question.

"Je ne suis pas une mauvaise personne"

"Vous savez, je ne suis pas une mauvaise personne", glisse-t-il entre deux flèches décochées contre les membres de l'administration Obama qui disséminent de "fausses informations". "Ce n'est pas Donald Trump qui a divisé le pays", lance-t-il. "Nous vivions déjà dans un pays divisé".

Même s'il répète à l'envi que les sondages ne sont pas des indicateurs fiables, Donald Trump, très sensible à son image comme tous ses prédécesseurs, garde un oeil sur ces derniers. Et les chiffres du début de sa présidence sont mauvais, très mauvais.

Selon une enquête du Pew Research Center publiée jeudi, sa popularité après un mois au pouvoir est nettement plus basse que celle des cinq hommes qui ont occupé le Bureau ovale avant lui, qu'ils soient démocrates ou républicains. A total, 39% seulement des Américains interrogés approuvent son action à la tête de l'Etat (56% désapprouvent).

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