L'homme qui a abattu samedi vingt personnes et en a blessé 26 autres à El Paso (Texas) a été inculpé pour meurtres, il encourt la peine de mort. Un manifeste qui lui est attribué dénonce "une invasion hispanique". Une seconde fusillade a fait 9 morts dans l'Ohio.

Recueillement dans une église d'El Paso, quelques heures après la tuerie aux relents racistes selon le début de l'enquête de police.
Recueillement dans une église d'El Paso, quelques heures après la tuerie aux relents racistes selon le début de l'enquête de police. © AFP / GETTY IMAGES / MARIO TAMA

Les autorités n'ont pas confirmé son identité, mais d'après certains médias, le tireur d'El Paso (Texas) s'appelle Patrick Crusius. Il a 21 ans. Il est originaire d'Allen, près de Dallas, c'est à peu à dix heures de voiture d'El Paso. Après la tuerie, qui s'est produite dans un supermarché Walmart, il s'est rendu à la police. Inculpé pour meurtres, il risque la peine de mort, selon un responsable de la police locale.

Sur des captures d'écrans de vidéo surveillance du magasin, il entre, fusil d'assaut à la main, les oreilles couvertes d'un casque anti-bruit, portant un pantalon kaki, tee-shirt sombre et arborant des lunettes. 

Capture d'écran du tireur dans le supermarché d'El Paso extrait des caméras de vidéo surveillance
Capture d'écran du tireur dans le supermarché d'El Paso extrait des caméras de vidéo surveillance / MEDIAS AMERICAINS

Le Los Angeles Times a dressé son portrait à travers des témoignages de ses proches : solitaire, distant, apeuré par le contact avec les autres. Personne ne savait vraiment qui il était, laissent entendre certains anciens camarades de classe. 

Un manifeste raciste entre les mains des enquêteurs

Mais au-delà de son caractère taciturne, ce sont ces écrits qui intéressent les enquêteurs. Une heure et demi avant le carnage dans ce supermarché Walmart, un manifeste de quatre pages a été publié par un utilisateur anonyme. Ce même compte avait par le passé mis en ligne un autre document appelé "P.Crusius". 

Ce manifeste évoque "une invasion hispanique et fait référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans les mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a causé la mort de 51 personnes. Ce document haineux est entre les mains de la police. Selon le chef des enquêteurs d'El Paso, il s'agit "d'un lien potentiel avec un crime de haine"

Dans les heures qui ont suivi la fusillade d'El Paso, Twitter a fermé le compte de Patrick Crusius. 

El Paso, ville à la frontière mexicaine 

Le fleuve Rio Grande sépare El Paso l'américaine de la mexicaine Ciudad Juarez. Si la ville côté mexicain a connu des vagues de violences effroyables, sa jumelle d'El Paso est une ville paisible de 680 000 habitants. Le taux de criminalité est l'un des plus bas du pays en comparaison avec des villes de sa dimension, avec 18 meurtres par an ces cinq dernières années. C'est l'une des cités où il y a le plus de binationaux, et le bilinguisme est la norme. Le président Donad Trup a dégainé un tweet dans la nuit pour condamner un "acte haineux". "Il n'y a pas de place pour la haine dans dans notre pays", a-t-il déclaré un peu plus tard dans une allocution télévisée.

À El Paso, ce dimanche, l'heure était au recueillement.

Une seconde fusillade en moins de 24 heures

Les États-Unis, où le port d'armes est légal, sont régulièrement endeuillés par des fusillades qui touchent aussi bien les écoles que les lieux de culte, de travail ou les commerces. 

Samedi soir, une autre ville a été touchée : à Dayton, dans l'Ohio, une fusillade a fait 9 morts et 27 blessés. Le tireur, âgé de 24 ans, équipé d'un fusil d'assaut et d'un gilet pare-balles, a été abattu moins d'une minute après avoir ouvert le feu, par des policiers en patrouille. On ne connaît pas encore ses motivations. La sœur du tireur figure parmi les victimes.

Depuis le début de l'année, 251 fusillades ont touché quatre personnes ou plus, selon l'ONG Gun violence archives. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.