Au Gabon, des familles n'ont aucune nouvelle de proches disparus après les violentes émeutes après la proclamation des résultats de la présidentielle.

Gabon : les familles de disparus se pressent devant le palais de justice pour prendre des nouvelles
Gabon : les familles de disparus se pressent devant le palais de justice pour prendre des nouvelles © AFP / Steve Jordan

Les émeutes de mercredi et l'attaque du quartier général de Jean Ping ont fait au moins sept morts, selon un bilan provisoire. Les chiffres officiels font état de 800 arrestations par les forces de l'ordre.

Les connexions internet ont été coupées dans tout le pays après l’autoproclamation de la victoire par le président en exercice Ali Bongo mercredi. Or, plusieurs personnes sont portées disparues après l'attaque du QJ de Jean Ping. Les opposants à Bongo, soutiens de son adversaire Jean Ping, continuent de contester les résultats officiels de la présidentielle.

Des recherches rendues impossibles

Lundi, les connexions internet ont été rouvertes à Libreville, la capitale, après cinq jours de coupure, mais pas dans le reste du pays. De plus, les connexions ne fonctionnent que la journée, "comme pour faire repartir l'économie", notent des opposants, mais pas le soir ou la nuit. Et contrairement à la France et la Belgique où des comptes Twitter, comme @rechercheBXL, ou des pages Facebook avaient tout de suite été créés après les attentats pour rechercher des disparus, les Gabonais n'ont plus accès aux réseaux sociaux depuis la fin de semaine. Du coup, seuls quelques posts Facebook ou Twitter ont pu être publiés.

Les familles sont contraintes de déambuler dans les rues de Libreville et de demander aux commerçants s'ils ont des informations concernant leurs proches.

Le reportage à Libreville de Sébastien Nemeth, envoyé spécial de RFI  :

Les comptes des proches du pouvoir, eux, fonctionnent

Le gouvernement  Bongo n'a pas communiqué pendant cinq jours, et le journal proche du pouvoir L'Union n'est pas paru mercredi. Les sièges de deux chaînes de télévision indépendantes ont été attaqués et les stations ne peuvent plus émettre.

Des Franco-Gabonais parmi les disparus

Mardi, le Premier ministre Manuel Valls a demandé à Libreville de localiser une quinzaine de ressortissants français dont Paris est sans nouvelle :

Nous demandons aux autorités gabonaises que tout soit fait pour les retrouver.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, avait exprimé lundi sa préoccupation concernant le sort de ces ressortissants français, parmi lesquels des binationaux, après les violentes émeutes.

Dans un communiqué, le ministère gabonais des Affaires étrangères a pour sa part déclaré dans la soirée que, "à la connaissance des autorités gabonaises, après les manifestations post-électorales, des citoyens gabonais, binationaux, [avaient] été interpellés par les forces de l'ordre". Ce qui n'est pas pour rassurer les familles, d'autant que le communiqué stipule que "les citoyens binationaux établis au Gabon ne peuvent se prévaloir d'une autre nationalité au Gabon et par conséquent sont assujettis aux lois et règlements gabonais". Il a invité les familles des personnes portées manquantes à contacter les services du ministère de la Justice.

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