La France, ancienne puissance coloniale, est proche à plus d'un titre du Gabon, ce petit pays de 2 millions d'habitants. Que peut-elle et que va-t-elle faire ?

Ali Bongo, réélu président du Gabon
Ali Bongo, réélu président du Gabon © AFP / Marco Longari

Barricades, bâtiments incendiés, pillages, répression... Depuis deux jours, le Gabon vit de forts troubles post-électoraux au terme d'un scrutin présidentiel extrêmement serré, qui a vu le sortant Ali Bongo l'emporter avec seulement 6 000 voix d'écart, et dont l'opposition refuse ce résultat.

Une réaction a minima

Pour le moment, face à cette situation la France en fait le moins possible : tout juste a-t-elle exprimé sa "vive préoccupation", appelle à la retenue, donne à ses ressortissants des consignes de prudence et demande la publication des résultats des 2 500 bureaux de vote du pays. Une position qui rejoint celle de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Un positionnement qui tranche avec le passé : en 2009 par exemple, lors de la précédente élection présidentielle, lorsque Nicolas Sarkozy s'est prononcé en faveur d'Ali Bongo. Une prise de position qui s'était soldée par l'incendie du consulat de France de Port-Gentil.

Une relation ancienne

Les relations entre la France et le Gabon sont plus fortes qu'avec n'importe quel autre pays d'Europe : ancienne colonie française, le pays a accédé à l'indépendance en 1960, mais a toujours eu une place de choix dans la "Françafrique", ce système de relations fortes et d'accords de protection entre Paris et les dirigeants africains post-décolonisation.

Ainsi en janvier 1968, le général De Gaulle recevait à l'Elysée le nouveau président de la République gabonaise, Albert-Bernard Bongo, devenu en 1973 Omar Bongo après sa conversion à l'Islam (et père d'Ali Bongo). Sous l'impulsion du conseiller aux affaires africaines Jacques Foccart, la France a contribué à mettre Bongo au pouvoir, comme successeur de Léon Mba, que l'armée française avait sauvé d'un coup d'Etat en 1964.

14 000 Français au Gabon

Reste à savoir si la position a minima tenue actuellement par la France sera tenable très longtemps, et si la dégradation de la situation dans ce pays stable d’Afrique centrale n'imposera pas de s'impliquer plus : il y a 14 000 Français et bi-nationaux au Gabon, un détachement militaire de plusieurs centaines de soldats et des accords de coopération notamment au titre de la francophonie, et puis des intérêts économiques importants, même si aujourd'hui le poids et l'influence de l'entreprise Total dans ce Gabon qui s'est beaucoup diversifié, ne sont plus ceux de Elf du temps d’Omar Bongo.

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