Au moins deux personnes ont été tuées selon l'opposition, et plusieurs autres blessées, dans un assaut contre le QG de l'opposant Jean Ping, qui demande un recomptage des votes.

Un supporter de l'opposition, drapeau gabonais sur le dos, face aux policiers anti-émeutes
Un supporter de l'opposition, drapeau gabonais sur le dos, face aux policiers anti-émeutes © AFP / Marco Longari

Une ville fantôme : c'est à cela que ressemble le centre ville de Libreville jeudi matin. Les affrontements ont pris fin, et les quartiers totalement bouclés par la police et les blindés de la gendarmerie. Les communications par téléphone et Internet ont été coupées. Dans les quartiers périphériques, des pillages ont lieu, et des partisans du candidat déchu à la présidentielle, Jean Ping, sont arrêtés.

Lors d'une brève conférence de presse, le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, a précisé qu'à Libreville, "il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 dans le reste du pays".

Assaut contre le QG de Jean Ping

Mercredi, ce sont à peine 5.594 voix de différence entre Ali Bongo et son opposant Jean Ping qui ont enflammé la capitale gabonaise, Libreville, au sens propre : l'Assemblée nationale a été incendiée en début de soirée. "La démocratie s’accommode mal de la prise d'assaut d'un Parlement" a vivement commenté le président Ali Bongo. Ce jeudi matin, Jean Ping a affirmé que son QG a été pris d'assaut dans la nuit par les forces de sécurité, et qu'au moins deux personnes ont été tuées.

"Ils ont attaqué vers 1h00. C'est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves".

Selon Alain-Claude Billie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, cet assaut vise des "criminels" à l'origine de l'incendie de l'Assemblée nationale.

L'Assemblée nationale incendiée, dans la nuit de mercredi à jeudi
L'Assemblée nationale incendiée, dans la nuit de mercredi à jeudi © AFP / Marco Longari

Les affrontements avaient commencé quelques heures plus tôt, quand la commission électorale a annoncé la réélection du président sortant, Ali Bongo, pour un deuxième septennat, face à son rival Jean Ping, avec 49,80% des voix. "Tout le monde sait" que ce résultat est faussé, a déclaré Jean Ping.

Les affrontements ont commencé mercredi après-midi à Libreville
Les affrontements ont commencé mercredi après-midi à Libreville © AFP / Marco Longari

"Un doute s'est installé"

Les partisans de Jean Ping sont descendus dans les rues pour affronter les policiers anti-émeutes et réclamer un recomptage des voix. A Paris, le ministre des Affaires Etrangères Jean-Marc Ayrault a également demandé, jeudi, que les résultats de l'élection contestée soient publiés "bureau par bureau", car "un doute s'est installé". François Hollande a, pour sa part, appelé "toutes les parties à la retenue et à l'apaisement", et demandé un "processus garantissant la transparence".

Des manifestants dans les rues de Libreville
Des manifestants dans les rues de Libreville © AFP / Marco Longari

Au moins six personnes ont été admises à la polyclinique Chambrier à Libreville, pour des blessures par balle. Plusieurs d'entre elles ont été blessées près de l'Assemblée nationale par les répliques des forces de l'ordre.

Les infirmiers et médecins sont mobilisés pour soigner les blessés
Les infirmiers et médecins sont mobilisés pour soigner les blessés © AFP / Marco Longari

Dans la soirée, des tirs étaient toujours entendus dans les rues de la ville, alors que des véhicules transportaient des militaires et des policiers de quartier en quartier. Dès mardi, les forces de sécurité s'étaient déployées dans la ville en prévision de l'annonce des résultats.

Les canons à eau utilisés par la police anti-émeutes
Les canons à eau utilisés par la police anti-émeutes © AFP / Marco Longari
Un manifestant prie dans la rue, pendant les affrontements
Un manifestant prie dans la rue, pendant les affrontements © AFP / Marco Longari
Une habitante de Librevillle se met à l'abri des affrontements derrière ce pan de mur
Une habitante de Librevillle se met à l'abri des affrontements derrière ce pan de mur © AFP / Marco Longari
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