Même pendant la campagne pour la présidentielle française, la bande Gaza s'est invitée dans les débats hexagonaux. Fallait-il parler de "prison à ciel ouvert" comme l'avait déclaré sur Radio J Henri Guaino, le conseiller spécial du président Sarkozy, ou carrèment de "camps de concentration à ciel ouvert" , selon les mots de la candidate de Lutte Ouvrière, Nathalie Artaud, déclenchant une belle polémique. Gaza suscite toujours autant de passion...

Le livre de l'historien Jean-Pierre Filiu - Histoire de Gaza , aux Editions Fayard- vient donc à point nommé pour recadrer les idées autour de ce bout de terree de 360 km2. Au coeur de la réflexion de Jean-Pierre Filiu, il y a un fil rouge : tout au long de sa longue histoire, loin d'être un territoire marginal et périphérique, la bande de Gaza est au contraire centrale dans la construction du nationalisme palestinien, malgré la focalisation sur Jérusalem et la Cisjordanie.

Il suffit de regarder la chronologie : 1956 (première occupation israélienne), 1967 (deuxième occupation israélienne), 1987 (naissance de la première Intifada dans le camp de Jabaliya), 2005 (évacuation israélienne ordonnée par Ariel Sharon), 2007 (prise de contrôle de Gaza par le Hamas). Pour les Israéliens, la bande de Gaza a toujours été une épine dans le pied.

Jean-Pierre Filiu

Bastion du nationalisme palestinien, Gaza représente une "deuxième" Palestine sous contrôle du Hamas, l'autre étant la Cisjordanie tenue par le Fatah. Mais ce micro territoire, écrit Jean-Pierre Filiu, est aujourd'hui dans une impasse humanitaire, économique et politique. Les révolutions arabes ont eu aussi leur impact à Gaza. Les cartes ont été quelque peu rebattues.

Jean-Pierre Filiu

Pour Jean-Pierre Filiu, "trois générations ont grandi sur cette bande de Gaza façonnée par l'Histoire : la génération du deuil a préparé la voie à celle de l'écrasement, puis à celle des intifadas. Un million et demi de femmes et d'hommes paient aujourd'hui à Gaza le prix d'une impasse multiforme et prolongée. Là comme ailleurs en Palestine, les voies de sortie de ce cauchemanr collectif sont pourtant simples et connues. Elles peuvent se décliner en un trypique vertueux : désenclavement, développement et démilitarisation."

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