Farah Baker, dans son appartement.
Farah Baker, dans son appartement. © Reuters / Siegfried Modola

"Anne Frank moderne", c'est ainsi que l'adolescente se présente elle-même sur son compte Twitter. Chaque jour, Farah Baker, 16 ans et trois guerres au compteur, partage en 140 signes son quotidien de jeune fille gazaoui, entre espoir et effroi.

La prolongation de la trêve de 120 heures, annoncée ce mercredi ? Farah Baker la salue sur son compte par une petite "danse de la joie".

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Depuis le début de l’opération Bordure protectrice, le compte Twitter de la jeune fille est passé de 800 à près de 200.000 followers. Les médias du monde entier se sont intéressés à elle. Une aventure qui a vraiment démarré avec ce message, posté le 21 juillet, trois jours après le début de l’offensive terrestre d’Israël. Depuis, il a été retweeté près de 2.800 fois.

Je m’appelle Farah Baker, je suis une fille de Gaza de 16 ans. Depuis que je suis née, j’ai survécu à 3 guerres et je pense que ça suffit. #SaveGaza

Depuis que les bombes se sont mises à pleuvoir sur Gaza, Farah Baker relate ses journée, avec le hashtag #GazaUnderAttack. Ses doigts courent sur son téléphone, depuis l’appartement qu’elle partage avec ses parents et ses sœurs, près de l’hôpital Al-Shifa, où elle reste cloitrée la plupart du temps.

"Je vais peut-être mourir ce soir"

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, son quartier est pilonné par l’aviation israélienne. Sur Twitter, elle dit au monde l’effroi des minutes qui passent en redoutant la mort, et enregistre grâce à Vine le son des bombes, un bruit qu’elle ne supporte plus.

, accrochée à son téléphone

, envoyant des messages quand Internet daignait fonctionner.

Dieu et Twitter

Parfois, l’adolescence revient pointer le bout de son nez. "La mer, mes amis, et les glaces me manquent. La joie et le bonheur. JE M’ENNUIE DE MA VIE ORDINAIRE ", explique-t-elle le 4 août.

C’est donc la troisième guerre de la jeune fille de 16 ans, mais dans une interview à la télévision britannique Skynews, la jeune fille explique que lors des deux guerres précédentes, elle se sentait rassurée en tant que civile. Elle n'avait pas peur de mourir.

Depuis le début de "Bordure protectrice", elle dit savoir qu’elle peut mourir d’un moment à l’autre. Deux choses la font tenir : Dieu et Twitter. Elle confie aussi avoir un rêve : aller vivre en Espagne, devenir avocate, et ramener la paix dans son pays.

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