La catastrophe a eu lieu ce mardi matin aux environs de midi. Les pompiers ont lancé des recherches du même type de celles qu'on déploie en cas de tremblement de terre. Le bilan provisoire fait état de 39 morts confirmés (dont 4 Français), 15 blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus.

Une portion du Ponte Morandi s'est effondrée ce mardi matin
Une portion du Ponte Morandi s'est effondrée ce mardi matin © Greta Baldani

La RAI, la radio-télévision publique a parlé dés les premières minutes, d’un problème de structure, comme cause potentielle de l'effondrement d'une portion d'un viaduc de l'autoroute A10 qui s'est produit à Sanpierdarena, en banlieue Gênes, sous une pluie battante, dans un énorme grondement.

Un ponte qui a connu des difficultés depuis sa construction

La structure accidentée, qui fait penser au pont de Brooklyn (d'où son surnom), a été construite de 1963 à 1967. Elle était soutenue par trois pylônes de 90 mètres qui portaient une portion autoroutière de 1 200 mètres à 45 mètres de hauteur. Le Pont Morandi, du nom de son ingénieur Riccardo Morandi, avait depuis longtemps fait parler de lui dans la presse professionnelle, pour des problèmes supposés avec les deux types de béton utilisés. Beaucoup de travaux sur le pont avaient été menés au fur et à mesure des années. En 2009, on avait même pensé le démolir et le reconstruire, mais compte tenu de l'importance de cet axe routier, qui voit passer chaque année 25 millions de véhicules, l'hypothèse d'une démolition de l'ouvrage avait été abandonnée.Pour l’administrateur délégué d'Autostrade per Italia, qui gère cette portion d'autoroute, de gros travaux de maintenance avaient eu lieu en 2016 et des travaux étaient en cours, mais il n'y avait pas de problèmes connus.Le gouvernement a d'ailleurs annoncé mercredi qu'il souhaite la démission des dirigeants de Autostrade per l'Italia dont les autorités souhaitent en outre révoquer la concession. Une amende pouvant atteindre 150 millions d'euros va être réclamée à la société d'autoroute.

Les responsables de la catastrophe ont un nom et un prénom, et ce sont Autostrade per l'Italia, a martelé à la radio Luigi Di Maio, vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles.  

Le ministre des Transports italien, Danilo Toninello, a expliqué à la RAI que "beaucoup de ponts et de viaducs italiens ont été construits dans les années 50 et 60 et ont besoin de manutention". Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a annoncé un plan extraordinaire de contrôle des infrastructures.  "Il s'agit d'installer de banals capteurs sensoriels sur toutes les infrastructures du pays pour une surveillance constante. Parfois cela se fait avec des satellites, parfois avec des capteurs".

Un désastre inacceptable

Le ministre italien de l'Intérieur et vice-président du Conseil Matteo Salvini, a dénoncé dés mardi "un désastre inacceptable" lors d'un point presse à Catane, en Sicile. Il a ajouté prendre "l'engagement devant les Italiens d'aller au bout pour déterminer les responsabilités d'un désastre inacceptable parce que ce n'est pas possible de travailler et mourir comme ça en 2018". "Ce pont je suis passé dessus des centaines de fois, mais désormais je ferai tout pour avoir les noms des responsables passés et présents. Il est inacceptable de mourir comme ça en Italie", a martelé Matteo Salvini qui a montré du doigt l'Europe en affirmant que "des engagements extérieurs nous empêchent de dépenser l'argent que nous avons et que nous devrions mettre pour la sécurité de très nombreuses écoles et autoroutes. Il faudra se poser la question de continuer à respecter ces engagements ou de mettre la sécurité des Italiens avant tout. De toute évidence, je choisis la deuxième option car les Italiens ont droit à la vie, à  la sécurité et au travail", a-t-il déclaré. 

Le pont sera démoli

Le secrétaire d'État italien aux Infrastructures et aux Transports Edoardo Rixi, a annoncé mardi soir que le pont Morandi sera démoli et a confirmé que les autres ponts italiens subiront des vérifications mais, selon lui, "beaucoup d'entre eux sont trop vieux."

Les recherches toujours en cours

Les pompiers sont plus de 300 sur place, épaulés par des équipes cynophiles. Sur cette route, habituellement très fréquentée, il n'y avait heureusement que peu de circulation mardi matin, mais trente voiture et trois poids-lourds seraient tout de même tombés dans le vide. Les secouristes font état de 39 morts dont trois jeunes toulousains et un tarnais, 15 blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus.

Une partie du terrain où le viaduc s'est effondrée, filmée par un drone
Une partie du terrain où le viaduc s'est effondrée, filmée par un drone / Capture d'écran vidéo RAI

Sous le pont, à l'endroit de l'écroulement, il y a deux voies de circulation, le torrent Polcevera, une voie ferrée et peu de bâtiments. Malgré tout, plus de 600 personnes ont été évacuées des bâtiments situés aux alentours ou en dessous du pont autoroutier.

En raison du relief très accidenté de la région de Gênes, entre mer et montagne, le parcours de l'autoroute est jalonné de longs viaducs et de tunnels.  

En 1964, la presse vantait la solution au trafic que représentait ce nouveau pont en construction à Gênes

Une partie du viaduc de l'A10 s'est effondrée
Une partie du viaduc de l'A10 s'est effondrée © Visactu
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