accord historique sur le nucléaire iranien
accord historique sur le nucléaire iranien © reuters

Un accord préliminaire sur le nucléaire iranien a été conclu dimanche à Genève entre Téhéran et les grandes puissances, pour contenir le programme nucléaire iranien en échange d'un allégement des sanctions qui pèsent sur elle.

L'accord entre l'Iran, d'un côté, et l'Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie, de l'autre, a été conclu après plus de quatre jours de négociations.

L'accord suspend les volets les plus controversés du programme atomique de l'Iran en lui imposant d'arrêter l'enrichissement d'uranium au-dessus de 5%, de neutraliser ses réserves enrichies à 20% et de stopper le projet de réacteur à eau lourde d'Arak -mais pas de démanteler le réacteur-..

Les négociateurs sont notamment parvenus à un compromis au sujet de la notion de droit à l'enrichissement d'uranium, revendiqué par l'Iran qui le considère comme une question de souveraineté nationale.

En échange, les six grandes puissances s'engagent à ne pas imposer de nouvelles sanctions au cours des six prochains mois, et les Etats-Unis estiment que l'allégement des restrictions existantes va permettre à Téhéran d'accéder à des milliards de dollars de revenus liés au pétrole, aux produits pétrochimiques, à l'or et au secteur automobile.

Les explications de Christian Chesnot à Genève

"Un premier pas vers un monde plus sûr"

Barack Obama a salué l'accord comme un "premier pas important" , mais a prévenu que Washington mettrait fin au bout de six mois à l'allégement des sanctions et "augmenterait la pression" si Téhéran ne respectait pas ses engagements.

La France est satisfaite, mais circonspecte

La France avait manifesté son intransigeance lors de la précédente série de négociations au début du mois. Si l'Elysée salue ce matin "un pas important dans la bonne direction", Laurent Fabius s'est prudemment contenté de souligner que l'accord "exclut tout accès à l'arme nucléaire" de la part de l'Iran.

Laurent Fabius avec Christian Chesnot

Les diplomaties des différents camps ont chacune présenté le résultat final comme une victoire

Du côté iranien, Mohammad Javad Zarif, ministre des Affaires étrangères, a estimé que le programme atomique de son pays se voyait "reconnu" par l'accord, tandis que dans le camp américain, le secrétaire d'Etat John Kerry a souligné que l'accord ne faisait aucune mention d'un "droit" à l'enrichissement.

Christian Chesnot

Mais pour Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran et Directeur de recherche émérite au CNRS, c'est en effet un accord "gagnant gagnant", car il met fin à une confrontation de 35 ans et "sécurise largement Israël"

Bernard Hourcade avec Edwige Coupez

Pour Israël, l'accord est une "erreur historique"

"Les iraniens ont obtenus exactement ce qu'ils voulaient" dénonce Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle même d'erreur historique : "Ce qui a été réalisé la nuit dernière à Genève n'est pas un accord historique; c'était une erreur historique"

Selon l'état ébreu, "L'accord permet à l'Iran de continuer à enrichir l'uranium, laisse en place les centrifugeuses et lui permet de produite des matières fissiles pour une arme nucléaire", a déplore le bureau du Premier ministre.

Naftali Bennett, le ministre de l'Économie, a assuré qu'Israël n'était pas lié par l'accord de Genève et avait le droit de se défendre. A Jérusalem, Danielle Tabor

Barack Obama a appelé au téléphone dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour discuter de l'accord internationale sur le nucléaire iranien et proposer des consultations à ce sujet, a annoncé la Maison Blanche.

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Iran IDE © Radio France
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