L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve réagit au discours du Président Emmanuel Macron au Rwanda, ce mercredi 27 avril. Le chef de l'État a réfuté la complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, mais il reconnaît une "responsabilité".

L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, le 2 mai 2017, à Dijon.
L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, le 2 mai 2017, à Dijon. © AFP / Philippe Desmazes

Il a un œil aiguisé sur le dossier. Bernard Cazeneuve, l’ancien Premier ministre et co-rapporteur d'une mission d'information parlementaire sur le Rwanda en 1998 estime sur France Inter qu’Emmanuel Macron a tenu, à Kigali, ce mercredi 27 mai, "un discours équilibré, fort et juste". Vingt-sept ans après le génocide rwandais : "Je viens reconnaître nos responsabilités" a clamé le président français.

Pour Bernard Cazeneuve, cette allocution était "loin de toutes les outrances que l’on a pu entendre ces derniers jours et ces dernières semaines sur le rôle de la France au Rwanda et qui contribuent à donner une vision fausse de ce qu'avait été le rôle joué par notre pays entre 1990 et 1994". "Nous avions besoin d’avoir une parole forte et normalisée", affirme l’ancien Premier ministre. Aucun président français ne s’était rendu au Rwanda depuis 2010.

"Le travail de vérité historique doit se poursuivre" 

Le génocide au Rwanda a coûté la vie à plus de 800 000 personnes, essentiellement des Tutsi, entre avril et juillet 1994. Pour Bernard Cazeneuve, cette introspection doit être poursuivie dans le futur : "Je suis convaincu que les historiens auront, au cours des prochaines années, dans la continuité du travail qui a été fait par la mission d'information parlementaire, puis par la commission Duclert, à poursuivre le travail d'investigation historique, qu'il faut ouvrir les archives de tous les pays qui n'ont pas encore ouvert leurs archives."

Dans un entretien au journal Le Monde le 17 mai, Bernard Cazeneuve a contesté les conclusions du rapport Ducler. Selon lui : "Le rapport est une contribution à la vérité au Rwanda, il n’est pas la vérité." Bernard Cazeneuve conclut : "Ce n'est pas parce que la France a établi des relations meilleures avec le Rwanda que le travail de vérité historique doit s'arrêter. Au contraire, il doit se poursuivre, s'amplifier et s'intensifier."