[scald=60409:sdl_editor_representation]par Dina Kyriakidou et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Menacé de ne pas obtenir la confiance au Parlement, le Premier ministre grec George Papandréou a offert jeudi de dialoguer avec l'opposition et laissé entendre qu'il pourrait renoncer à son projet de référendum qui a suscité la colère de ses partenaires européens.

Le parti conservateur d'opposition Nouvelle Démocratie s'est prononcé pour la formation d'un gouvernement de transition dans l'attente d'élections anticipées et a dit juger inévitable la mise en place de l'accord de sauvetage financier conclu avec l'Union européenne dans la nuit du 26 au 27 octobre.

Si l'opposition accepte effectivement de soutenir cet accord au Parlement, a assuré George Papandréou lors d'une réunion d'urgence de son gouvernement, il pourrait ne pas y avoir de référendum.

"Je serai satisfait même si nous n'allons pas jusqu'au référendum, qui n'a jamais été un objectif en soi", a-t-il dit. "Je parlerai (au chef de l'opposition Antonis) Samaras afin d'examiner les prochaines étapes sur la base d'un consensus plus large."

Une source proche du Premier ministre a déclaré qu'il n'y aurait pas de référendum en cas d'accord politique entre les principaux partis.

Le chef du gouvernement socialiste a mandaté deux hauts responsables de son Parti socialiste (Pasok) pour discuter avec l'opposition.

Il a toutefois estimé que, pour le moment, les élections législatives anticipées que réclament l'opposition et une partie du Pasok représenteraient un risque pour la stabilité financière du pays.

"Nous avions trois options", a expliqué par la suite le Premier ministre grec devant les élus de son parti socialiste. "La première, catastrophique, était de convoquer des élections anticipées (...), la seconde était un référendum (...), la troisième solution était d'obtenir un consensus plus large."

VERS UN GOUVERNEMENT DE TECHNICIENS ?

Le chef de file de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, a demandé "la formation d'un gouvernement de transition, temporaire, avec un mandat exclusif pour convoquer des élections, et (...) la ratification du plan de sauvetage par le Parlement actuel".

"Là où nous en sommes arrivés, à cause de la politique du gouvernement, le nouvel accord de financement est inévitable et doit être garanti", a-t-il ajouté, revenant sur ses précédentes prises de position jusqu'alors hostiles aux nouvelles mesures d'austérité.

Un porte-parole de Nouvelle Démocratie a estimé qu'un éventuel gouvernement de transition ne devrait pas être composé d'hommes de partis, laissant entendre qu'il devrait s'agir d'un gouvernement de techniciens.

Au sein même du Pasok, l'idée d'un gouvernement d'union et de l'organisation d'élections anticipées a fait son chemin.

Une trentaine de députés de la majorité et de l'opposition ont même signé une lettre ouverte en ce sens.

Plusieurs élus du Pasok proposent la constitution d'un gouvernement avec à sa tête l'ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) Lucas Papademos.

Les services du président Karolos Papoulias ont fait savoir que le chef de l'Etat ne prévoyait pas de rencontrer dans la journée George Papandréou, contrairement à ce qu'avaient annoncé la télévision publique et l'agence de presse ANA, sur fond de rumeurs de démission du Premier ministre vite démenties par le gouvernement.

Jeudi matin, il était apparu que le gouvernement risquait fort de pas obtenir la confiance vendredi au Parlement, ce qui a entraîné les concessions faites de part et d'autre.

DÉFECTIONS

Une députée du Pasok, Eva Kaili, avait annoncé qu'elle refuserait la confiance, ce qui ne laissait qu'une voix de majorité (151 sur 300) au Premier ministre. De nouvelles défections n'étaient pas à exclure car plusieurs autres élus socialistes, appuyés par le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, s'étaient déclarés hostiles au référendum.

Ce dernier, s'exprimant devant les élus du Pasok en fin d'après-midi, a réaffirmé la nécessité pour la Grèce d'annoncer le retrait de son projet de consultation.

Il a souhaité que le plan de sauvetage soit validé par une majorité des trois cinquièmes, soit 180 élus sur 300.

Evangelos Venizelos avait dans un premier temps appuyé l'idée du référendum mais il a changé d'avis après avoir rencontré mercredi à Cannes, en compagnie du chef du gouvernement, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Ceux-ci ont sommé Athènes de mettre en oeuvre l'intégralité du plan européen de règlement de la dette grecque faute de quoi l'aide sera gelée.

Evangelos Venizelos a confirmé que son pays aurait besoin d'une nouvelle tranche d'aide de huit milliards d'euros d'ici à la mi-décembre pour honorer ses paiements.

Avec le bureau d'Athènes, Benjamin Massot et Guy Kerivel pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

Mots-clés:

Derniers articles

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.