Le Président du Liberia a choisi la France pour sa première visite d'État. Trois jours durant lesquels George Weah utilisera son aura d'ancienne star du ballon rond pour convaincre les investisseurs de venir dans son pays, l'un des plus pauvres du monde mais au grand potentiel.

George Weah au Conservatoire national des arts et métiers à Paris le 20 février 2018
George Weah au Conservatoire national des arts et métiers à Paris le 20 février 2018 © Radio France / Claude Guibal

Pour son premier déplacement en dehors du continent africain, George Weah a choisi la France et Emmanuel Macron. Les deux chefs d'État se verront mercredi 21 février pour un déjeuner de travail à l'Élysée, une invitation lancée par le Président français juste après l'élection de son homologue libérien, en décembre dernier. 

Weah veut attirer les investisseurs français

La visite a tout d'un symbole puisque George Weah a vécu en France entre 1988 et 1995, faisant notamment le bonheur du PSG version Denisot. Un passage qui lui a permis de conserver de solides soutiens, nécessaires pour le nouveau challenge qui l'attend. Le Liberia étant l'une des nations les plus pauvres du monde. Emmanuel Macron fut d'ailleurs l'un des premiers chefs d'État à l'appeler après son élection, soulignant "la place particulière qu'il avait conservée dans le cœur des Français". 

Les ambitions de Georges Weah sont claires : faire venir les investisseurs dans son pays, marqué par une croissance en berne ces dernières années (0,7 % en 2014, 0 % en 2015 et -1,6 % en 2016 selon les données de la Banque mondiale). Ravagé par une guerre civile, le Liberia a subi plus récemment l'épidémie du virus Ebola et les chutes du prix des matières premières, une catastrophe pour un pays qui possède d'importantes réserves de fer et de caoutchouc et dont l'économie reste peu diversifiée. C'est pourtant grâce à ces mêmes ressources, auxquelles il faut ajouter le diamant, l'or et le bois, que le pays peut se relancer. De plus, des explorations pétrolières sont actuellement en cours.

"Sur le plan économique, tout est à refaire" affirme Maurice Mahounon, chercheur en sciences politiques et spécialiste du Liberia. Néanmoins,  le pays peu George Weah peut déjà compter sur une aide financière de la France qui vient de rajouter le pays dans la liste des pays bénéficiaires de l'aide au développement le 8 février dernier, mais il espère surtout convaincre les patrons français. Une rencontre est d'ailleurs prévue avec le Medef. 

Comme vecteur de croissance, l'ancien footballeur mise sur le développement du sport et de ses infrastructures. À ce titre, il aura probablement une écoute attentive d'Emmanuel Macron puisque ce dernier veut encourager les investissements dans ce domaine. Une politique qui s'inscrit dans le cadre de l'attribution des Jeux olympiques de 2024 à Paris. C'est pour cette raison qu'on retrouvera mercredi, autour de la table de l'Élysée, Tony Estanguet (président de Paris 2024), Gianni Infantino (président de la FIFA) ou encore Noël Le Graet (président de la FFF).

Weah, pivot de la nouvelle politique africaine française ?

Pour Emmanuel Macron, l'enjeu est plus politique. Le chef de l'État ne veut plus seulement maintenir les relations avec les pays francophones — héritées d'une Françafrique jugée caduque par le président — mais en établir de nouvelles avec ceux qui se situent hors du giron français (le Liberia étant historiquement la "chasse-gardée" des États-Unis). En témoigne sa visite au Ghana en novembre dernier. 

Au menu des discussions mercredi, il sera question du chômage des jeunes, "un problème" selon Maurice Mahounon. "Ces jeunes là se sont mobilisés pour porter au pouvoir George Weah et pour rien au monde il ne peut les décevoir. Les Libériens attendent beaucoup de lui". Une thématique chère à Emmanuel Macron. C'était même un point fort de son discours porté devant des étudiants du Burkina Faso. 

Dans le cadre de sa nouvelle politique africaine, le président français souhaite également s'appuyer sur des nouveaux dirigeants exemplaires. En ça, le profil de George Weah colle parfaitement : l'ancien Ballon d'or aimerait éradiquer la corruption dans son pays et son élection a été jugée parfaitement conforme par les observateurs internationaux. 

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