[scald=199811:sdl_editor_representation]par Gabriela Baczynska

MOSCOU (Reuters) - Gérard Depardieu, à qui Vladimir Poutine a accordé jeudi la nationalité russe, est arrivé en Russie pour recevoir son nouveau passeport et sera reçu samedi soir par le président russe à Sotchi, station balnéaire sur la mer Noire.

L'acteur français a choisi l'exil pour dénoncer la politique fiscale du gouvernement français à l'égard des hauts revenus. Il a mis en vente son hôtel particulier du VIe arrondissement de Paris et a acheté une maison en Belgique, à quelques kilomètres seulement de la frontière française.

La Russie pratique un taux d'imposition sur le revenu unique de 13%.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a précisé que le chef de l'Etat russe aurait un entretien privé avec Gérard Depardieu dans la soirée de samedi à Sotchi, où le numéro un du Kremlin est en vacances.

"Il n'est pas exclu qu'un passeport russe soit remis à Depardieu lors de cette rencontre", a précisé Peskov à l'agence de presse RIA.

Depardieu est très connu en Russie. Il y a participé à des clips publicitaires, notamment pour du ketchup, et a incarné en 2011 le personnage de Raspoutine dans un téléfilm franco-russe.

L'an dernier, il avait été invité à l'anniversaire du président tchétchène Ramzan Kadirov, un allié du Kremlin.

Le mois dernier, le président russe avait déclaré que son ami Gérard Depardieu était le bienvenu en Russie et jeudi dernier le Kremlin a annoncé que Vladimir Poutine avait signé un décret accordant la nationalité russe à l'acteur qui en avait fait la demande.

"J'adore votre pays la Russie, ses hommes, son histoire, ses écrivains (...) J'adore votre culture, votre intelligence", a écrit l'interprète de Cyrano de Bergerac dans une lettre à des journalistes russes.

Gérard Depardieu a annoncé avec fracas en décembre qu'il rendait son passeport français après les critiques émises par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, au sujet de son exil fiscal en Belgique.

LA RUSSIE, "UNE GRANDE DÉMOCRATIE"

L'acteur s'est entretenu par téléphone mardi dernier avec le président François Hollande. Dans le cadre de cet entretien, le président français a voulu "comprendre" les raisons de son exil, "voir si c'était des motivations sérieuses", a dit Arnaud Frilley, un proche du comédien.

Gérard Depardieu "lui a dit qu'effectivement il était écoeuré (...) Ce n'est vraiment pas sur l'aspect fiscal qu'il est écoeuré. C'est sur le côté 'on crache sur ceux qui réussissent, sur le succès, sur l'initiative'", a-t-il ajouté.

Dans sa lettre à des journalistes russes, l'acteur ajoute avoir dit à François Hollande que "la Russie était une grande démocratie, et que ce n'était pas un pays où un Premier ministre traitait un citoyen de minable."

Après Depardieu, l'actrice Brigitte Bardot a, elle aussi, menacé de prendre la nationalité russe pour sauver deux éléphantes de l'euthanasie.

Le tribunal administratif de Lyon a confirmé le 21 décembre un arrêté préfectoral condamnant Népal et Baby, deux éléphantes de 42 ans malades de la tuberculose, propriété du cirque Pinder mais prêtées à un zoo lyonnais.

Dans un court communiqué publié vendredi, Brigitte Bardot, qui milite depuis des années pour la cause animale, regrette que les propositions de sa fondation pour sauver Baby et Népal aient été ignorées.

"Si ceux qui ont le pouvoir ont la lâcheté et l'impudence de tuer les deux éléphantes (...), j'ai pris la décision de demander la nationalité russe afin de fuir ce pays, qui n'est plus qu'un cimetière d'animaux", écrit l'égérie du cinéma français des années 1950 et 1960.

Brigitte Bardot professe la même admiration que Gérard Depardieu pour le président russe.

"Je lui trouve beaucoup d'humanité. A chaque fois que je lui demande quelque chose, en principe, il me l'accorde. Il a fait plus pour la protection animale que tous nos présidents successifs", a-t-elle dit.

Avec Alexei Anishchuk et John Irish; Bertrand Boucey et Guy Kerivel pour le service français

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