Gilberto Rodrigues Leal, otage au Sahel
Gilberto Rodrigues Leal, otage au Sahel © Radio France

Il était l'un des deux derniers otages français dans le monde : selon un groupe djihadiste, Gilberto Rodrigues Leal est mort. Une annonce faite trois jours après la libération des quatre journalistes enlevés en Syrie.

Dimanche dernier, dans une interview, Laurent Fabius évoquait la situation des deux derniers otages au Sahel, Serge Lazarevic et Gilberto Rodrigues Leal, et exprimait son "inquiétude" sur la situation de ce dernier, dont le quai d'Orsay n'avait plus de nouvelles.

C'était quelques heures après la libération de Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès. C'est finalement ce mardi soir qu'un groupe djihadiste, Mujao, a annoncé la mort de Gilberto Rodrigues Leal, "parce que la France est notre ennemie".

Le ministre des Affaires étrangères précise que "depuis plusieurs mois, nous avions beaucoup de raisons de nous montrer pessimistes sur le sort de notre compatriote. Le communiqué du Mujao, responsable de son enlèvement, nous conduit malheureusement aujourd'hui à penser que M. Rodriguez Leal est probablement décédé, bien qu'aucune preuve matérielle ne puisse encore nous autoriser à le confirmer", ajoute Laurent Fabius. L'Élysée, de son côté, assure que cette mort ne restera "pas impunie», évoquant un décès il y a "plusieurs semaines".

Les explications d'Antoine Giniaux

Gilberto Rodrigues Leal avait été enlevé par des hommes armés dans l'ouest du Mali, près de la ville de Kayes, alors qu'il circulait dans un camping-car venant de Mauritanie. Il était depuis retenu dans un endroit inconnu, mais les autorités françaises estimaient qu'il se trouvait toujours dans la région du Sahel.

Le portrait de ce jeune retraité qui voulait acheminer des médicaments et des fournitures scolaires au Togo par Raphaël Ebenstein

Qui est le Mujao ?

Ce groupe djihadiste a été constitué en 2011, à la suite de rivalités au sein d'Al Qaïda au Maghreb islamique. Le Mujao, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, s'est fixé comme objectif de propager l'insurrection en Afrique de l'ouest. C'est ce groupe qui avait occupé des localités du nord-Mali notamment Gao en 2012, en faisant régner la terreur par l'application de la charia, avant d'en être chassé par l'intervention militaire française.

Les précisions de notre correspondant à Bamako, David Baché

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.