[scald=67991:sdl_editor_representation]STRASBOURG (Reuters) - Une solution à la crise de la zone euro passe par une plus forte intégration entre ses Etats membres mais sans modification des traités, a estimé vendredi Valéry Giscard d'Estaing.

L'ancien président français, artisan du projet de traité constitutionnel européen rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas, a souligné qu'aucun cadre juridique ne permettait de faire un traité entre les seuls Etats de la zone euro.

"Donc, ce serait un traité à 27. Mais faire un traité à 27 avec des gens qui sont totalement hostiles à l'intégration européenne, qu'est-ce qu'on y mettra ?", s'est-il interrogé lors d'une conférence sur les dix ans de l'euro à Strasbourg.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont confirmé jeudi leur intention de présenter avant le Conseil européen du 9 décembre des propositions de modifications des traités, en précisant qu'elles ne porteraient pas sur la Banque centrale européenne.

Valéry Giscard d'Estaing a rappelé le caractère aléatoire d'une telle démarche.

Il a appuyé les pistes d'évolution de la gouvernance européenne, dont l'automaticité des sanctions contre les Etats qui ne respectent pas les règles budgétaires et la prise de décision à la double majorité des Etats.

Il a d'autre part jugé indispensable de prévoir une clause de sortie de l'euro, pour l'instant non prévue par les traités.

Commentant la rencontre entre Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Mario Monti jeudi, il a jugé "désolant" que l'impression donnée ait été celle d'un échec, en raison des divergences entre le président français et la chancelière allemande sur la BCE.

"Quand j'étais président de la République, quand Helmut Schmidt était chancelier de l'Allemagne fédérale, pendant sept ans, il n'y a pas eu un seul exemple d'une déclaration divergente", a-t-il dit.

Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey

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