Recep Tayyip Erdogan n'a guère contribué à réchauffer les relations, glaciales, entre les deux pays
Recep Tayyip Erdogan n'a guère contribué à réchauffer les relations, glaciales, entre les deux pays © MaxPPP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a redit vendredi qu'il pourrait discuter avec Vladimir Poutine en marge de l'ouverture à Paris de la COP21 mais a mis son homologue russe en garde contre toute tentation de "jouer avec le feu".

Trois jours après la destruction par des avions turcs d'un chasseur-bombardier russe près de la frontière syrienne, le Kremlin a fait savoir qu'il n'était pas question pour Poutine de rencontrer Erdogan tant qu'Ankara ne présenterait pas d'excuses pour l'incident aérien.

Moscou menace Ankara de mesures de rétorsion économiques

Depuis la destruction du Soukhoï-24 mardi matin par deux F-16 de l'armée de l'air turque, les relations entre la Russie et la Turquie sont tombées au plus bas de leur histoire récente. Le gouvernement russe a menacé Ankara de représailles économiques; le président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, Sergueï Narichkine, a même déclaré que la Russie avait aussi le "droit à une riposte militaire". Les mesures de rétorsion économique pourraient se concrétiser par le gel de projets conjoints, des restrictions commerciales, ou encore des limitations sur le recours à la main d'oeuvre turque en Russie.

Nous recommandons très sincèrement à la Russie de ne pas jouer avec le feu

Dans un discours prononcé à Bayburt, dans le nord-est de la Turquie, Erdogan a dit vendredi qu'il ne souhaitait pas nuire aux relations avec la Russie, mais n'a guère contribué à calmer les esprits. "Nous recommandons très sincèrement à la Russie de ne pas jouer avec le feu", a-t-il prévenu. Erdogan s'est notamment emporté contre les déclarations à ses yeux "inacceptables" de Poutine. S'exprimant jeudi à l'issue de son entretien avec François Hollande, ce dernier a accusé la Turquie de fermer les yeux sur le trafic de pétrole en provenance de zones contrôlées par l'organisation terroriste Etat islamique.

La Russie rétablit l'obligation de visas pour les Turc

Le chef de la diplomatie russe a insisté vendredi. "Nous avons de plus en plus de questions sur la volonté réelle d'Ankara d'éradiquer le terrorisme", a lancé Sergueï Lavrov, ajoutant lors d'une conférence de presse que la Russie avait décidé de suspendre à compter du 1er janvier l'accord d'exemption de visas entre les deux pays. Le président turc a fait état en retour de documents américains établissant que des compagnies russes et l’organisation Etat islamique vendent du pétrole au régime syrien. Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan assisteront lundi à Paris à l'ouverture de la COP21, la conférence internationale sur le climat.

Jusqu'à maintenant, M. Poutine n'a toujours pas répondu à mon appel

Dans une tribune publiée vendredi par le quotidien britannique The Times, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu assure qu'Ankara va oeuvrer avec la Russie et ses alliés pour désamorcer la crise. Erdogan a téléphoné à Poutine sept ou huit heures après l'incident, a confirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Jusqu'à maintenant, M. Poutine n'a toujours pas répondu à mon appel", a indiqué le président turc, dans une interview accordée à France 24.

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