Face au marasme économique dans l'Hexagone, la diplomatie française fait des monarchies du Golfe une priorité, avec trois pays en particulier : l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar. Théoriquement, les convergences politiques entre Paris et les émirs sur les grands dossiers régionaux (Syrie, Irak et nucléaire iranien) auraient dû aboutir à la signature de contrats emblématiques.

Or, la décennie 2 000 a été marquée par une série de revers diplomatico-industriels : échec à Abou Dhabi pour la construction d'une centrale nucléaire (remportée par un consortium coréen) et pour la vente d'avions Rafale, échec en Arabie Saoudite pour la ligne TGV La Mecque/Médine (gagnée par un consortium espagnol) et toujours pas d'accord pour le projet de défense MK3, tandis que l'Allemagne a fait une percée sur le marché de l'armement au Qatar (livraison de chars Léopard 2 et de canons).

Un excellent livre de François-Aïssa Touazi,ancien diplomate du Quai et aujourd'hui conseiller du fonds d'investissement Ardian, intitulé "Le ciel est leur limite : les dirigeants du Golfe, leur influence, leurs stratégies" (Editions du Moment) tombe a point nommé pour décrypter ce nouveau pôle d'influence et surtout pour mesurer le poids de la France. Malheureusement, constate l'auteur, "malgré d'excellentes relations politiques et des liens personnels parfois très forts entre chefs d'Etat, la France n'a pas encore réussi à s'imposer sur le plan économique." Paris serait même un "allié par défaut".

Pour François-Aïssa Touazi, les bonnes relations politiiques avec les émirs du Golfe ne suffisent plus à décrocher des contrats.

Autre piste pour que les Français percent mieux dans le Golfe : ne plus jouer les francs-tireurs !

François-Aïssa Touazi

Bref, martèle François-Aïssa Touazi en conclusion de son ouvrage, le Golfe n'est plus synonyme d'argent facile...

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