Après l'Union européenne, qui a infligé, en deux ans, trois amendes au géant du web pour un total de 8,2 milliards d’euros, c’est au tour des Etats-Unis d’enquêter sur les pratiques commerciales de l’entreprise fondée par Larry Page et Sergey Brin.

92 % des recherches internet passent par les serveurs de Google, et près de 31 % de la publicité en ligne lui reviennent.
92 % des recherches internet passent par les serveurs de Google, et près de 31 % de la publicité en ligne lui reviennent. © AFP / DENIS CHARLET

Lundi 9 septembre, cinquante procureurs généraux, représentant la quasi-totalité du pays, ont annoncé avoir lancé une enquête commune visant Google. Une action collective et bipartisane, une première aux Etats-Unis.

« Cette enquête n’est pas un procès. Il s’agit d’une enquête pour déterminer les faits », explique Ken Paxton, procureur général du Texas chargé de mener les investigations.

Si ce n’est pas un procès, ça y ressemble fortement. C’est en tout cas ce qui est ressorti de la conférence de presse donnée devant les colonnes de la Cour suprême à Washington.

Les "ministres de la Justice" des États ne se sont pas faits prier pour exprimer leurs griefs, à l’instar de Leslie Rutledge, la procureure générale de l’Arkansas :

En tant que jeune maman, lorsque ma fille est malade, je veux pouvoir trouver, sur internet, le meilleur conseil du meilleur médecin, pas du docteur ou de la clinique qui a payé la publicité la plus chère.

Les enquêteurs vont tenter de déterminer si Google a pratiqué une concurrence déloyale en privilégiant, dans son moteur de recherche, ses services ou des publicités.

Un quasi-monopole

Ce qui serait préjudiciable pour ses rivaux, mais également pour les consommateurs, qui ne se verraient pas garantir l’information la plus complète. Car dans le domaine de la recherche en ligne, le géant du numérique est en position de quasi-monopole : 92 % des requêtes passent par ses serveurs, et près de 31 % de la publicité sur internet lui reviennent. 

Les procureurs généraux vont également rechercher si Google a bien respecté toutes les règles en matière de respect de la vie privée des utilisateurs. 

Le sujet est pris très au sérieux outre-Atlantique à l'approche des élections présidentielles de 2020. Il est même devenu très politique dans un pays où les actions en justice sont nombreuses.

L’été dernier, c'est un autre géant du numérique, Facebook, qui a été condamné à une amende record de 5 milliards de dollars, pour ne pas avoir protégé les données personnelles de ses utilisateurs.

L’enquête antitrust, la plus importante contre un géant de la Tech depuis les poursuites en 1998 contre Microsoft, relève avant tout de la défense du consommateur, explique le procureur de la Louisiane Jeff Landry :

Avant l’invention de la radio ou de la télévision, on n'aurait jamais laissé une seule entreprise contrôler toutes les imprimeries, tout le papier, toute l’encre. Notre gouvernement ne l’aurait pas autorisé. Il aurait brisé cela.

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