Alexis Tsipras au micro devant le Premier Ministre Antonis Samaras
Alexis Tsipras au micro devant le Premier Ministre Antonis Samaras © MaxPPP/EPA/Alexandros Vlachos

Après le troisième tentative qui n'a pas permis d'élire le Président, comme la loi le prévoit le Premier ministre Antonis Samaras a annoncé la tenue de législatives anticipées qui pourraient se dérouler dès le 25 janvier

Stavros Dimas n'a pas recueilli assez de voix au Parlement pour être élu président en Grèce.

L'ancien commissaire européen a recueilli au troisième et dernier tour de scrutin 168 voix, comme au deuxième tour. Il lui en fallait 180 pour devenir chef de l'Etat.

Selon la Constitution, Antonis Samaras a dix jours pour dissoudre le Parlement et convoquer des élections législatives qui devraient avoir lieu dans les prochaines semaines.

Trois points d'avance dans les sondage pour Syriza

Le Premier ministre grec Antonis Samaras avait mis en garde samedi contre le risque que présenteraient, selon lui, des législatives anticipées. L'annonce de ces élections a chuter une nouvelle fois la bourse d'Athènes, cette fois de 11% les marchés redoutant une arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza.

Les derniers enquêtes continuent de donner la coalition de gouvernement à la traîne derrière le parti de la gauche radicale d'Alexis Tsipras, qui souhaite renégocier le plan d'aide international à la Grèce et revenir sur les mesures d'austérité adoptées ces dernières années.

Alexis Tsipras ne pouvait pas cacher sa joie, lundi :

C'est un jour historique. Avec la volonté du peuple, dans quelques jours, les plans d'austérité appartiendront au passé, l'avenir peut commencer.

La correspondance à Athènes d'Angélique Kourounis

Le scrutin est observé avec attention en Europe et au FMI

Pierre Moscovici, le commissaire européen à l'Economie, a appelé les électeurs grecs à soutenir "les réformes favorables à la croissance". Quant au FMI, il a directement suspendu l'aide à la Grèce jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement.

A Bruxelles, le programme de Syriza suscite beaucoup des réserves. Le parti est opposé à l'extrême rigueur imposée au pays par l'UE, la BCE et le FMI en échange de 240 milliards d'euros de prêts. Syriza souhaite une réduction de la dette greque. Alexis Tsipras a affirmé samedi qu'en cas d'élection il commencerait par "régler la crise humanitaire" du pays, par des mesures qui ne nécessitent selon lui pas de négociations.

Samedi, dans une interview au quotidien Bild, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu que "de nouvelles élections ne changent rien à la dette grecque (175% du PIB). Chaque nouveau gouvernement doit respecter les accords pris par ses prédécesseurs". Les analystes pensent que s'il était élu Alexis Tsipras ferait toutefois preuve réalisme. Il vient d'ailleurs de s'engager à ne pas agir de manière unilatérale sur la dette.

Bruxelles compte aussi sur le fait que Syriza doive composer avec d'autres parti, moins europhobes

L'analyse de Quentin Dickinson

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