Alexis Tsipras après son discours de victoire
Alexis Tsipras après son discours de victoire © REUTERS/Marko Djurica

Le parti de gauche radicale a emporté une très large victoire aux élections législatives grecques, devançant de plus de six points le parti de droite au pouvoir.

Avec 36,3 % des voix à Syriza contre 27,8% à la Nouvelle Démocratie, parti du Premier ministre Antonis Samaras, le parti de la gauche radicale arrive largement en tête, selon les résultats toujours provisoires.

Le parti d'extrême-droite Aube dorée - dont sept des seize députés actuels sont en prison - se classe troisième avec 6,3% devant le nouveau mouvement centriste To Potami (La Riviève) 5,9%, les communistes du KKE 5,6%, les socialistes du PASOK 4,7%, et les Grecs indépendants à 4,7%.

Les résultats des élections grecques
Les résultats des élections grecques © Radio France

Syriza manque de peu la majorité absolue

Selon les résultats quasiment défintifs, Syriza est à deux voix de la majorité absolue (151) à la Vouli, le Parlement grec. Syriza devrait être contraint de conduire une coalition avec un ou plusieurs petits partis comme To Potami (centre), les socialistes du Pasok ou encore les Indépendants grecs (anti-austérité).

Stavros Theodorakis, le chef de To Potami a annoncé que sa formation était prête à soutenir le gouvernement., mais pas forcement à un cabinet d'union :

Nous dirons oui aux choses avec lesquelles nous sommes en accord et non lorsqu'elles présenteront un risque pour le pays.

S'il n'a pas la majorité, le leader de Syriza se rendra dès lundi chez le président de la République Carolos Papoulias, qui lui donnera trois jours pour former une coalition en faisant alliances avec d’autres partis.

La répartition finale des sièges dépendra de la capacité du Mouvement des démocrates socialistes (MDS), le nouveau parti de centre-gauche de l'ex-Premier ministre George Papandreou, à franchir le seuil des 3% des voix à l'échelle nationale nécessaire pour entrer au Parlement.

"Notre victoire est une victoire pour tous les pays européens"

Le reportage à Athènes de l'envoyé spécial de France Inter, Bertrand Gallicher

Musique grecque et chant des partisans italien, les supporteurs du parti d'Alexis Tsipras ont explosé de joie dimanche soir à Athènes. Sans attendre, ils sont descendus dans les rues, certains en pleurs et brandissant le drapeau grec, en reprenant le slogan du parti: "L'espoir est en marche".

Les premiers mots d'Alexis Tsipras, ont été pour rappeler l'essence même du programme qui l'a mené à a victoire :

Le mandat donné par le peuple Grec annule les plans d'austérité

Devant des milliers de personnes rassemblées sur l'esplanade de l'Université d'Athènes, le dirigeant de Syriza, a déclaré qu'en donnant la victoire aux élections législatives à son parti , "le peuple grec a écrit l'Hitoire" et "laisse l'austérité derrière lui". "Le verdict du peuple grec signifie la fin de la troïka", cette structure de supervision de l'économie grecque conduite par l'UE, la BCE et le FMi. D'ailleurs Tsipras, annonce qu'il va négocier avec ses créanciers une "nouvelle solution viable" pour la Grèce et l'Europe.

Antonis Samaras a reconnu sa défaite devant la presse, mais en des termes très étonnants :

Je rends un pays, qui est en train de sortir de la crise, qui est membre de l'Union européenne et de la zone euro et j'espère que le prochain gouvernement va maintenir ces acquis.

Le coeur du programme de Syriza est de mettre "un terme à l'austérité" et de renégocier la dette immense du pays, à 175% du PIB

Même si Alexis Tsipras a promis de maintenir son pays dans la zone euro et s'il a modéré son discours ces dernières semaines, son accession au pouvoir constitue la remise en cause la plus marquée à ce jour de la méthode de gestion de crise adoptée par l'Union ces dernières années.

Les pourparlers avec l'UE et le FMI devraient porter avant tout sur les conditions du remboursement de la dette publique grecque, qui atteint quelque 320 milliards d'euros, soit plus de 175% du PIB.

Syriza veut aussi remettre en cause certaines des mesures d'austérité des dernières années, en relevant le salaire minimum, en réduisant certaines taxes ou encore en revenant sur les coupes dans les pensions de retraite. En six ans de crise, le PIB grec a chuté de près d'un quart et le taux de chômage dans le pays dépasse toujours 25%.

Portrait d'Alexis Tsipras
Portrait d'Alexis Tsipras © Radio France

La volonté grecque sera-t-elle entendue à Bruxelles et surtout à Berlin où les allemands jouent dejà à se faire peur ? "Il y va de notre argent" titre par exemple Der Spiegel ce dimanche soir.

L'UE favorable à un rééchelonnement

Les Européens se sont dit prêts à accorder plus de temps à Athènes pour rembourser ses dettes mais ne semblent guère disposés à négocier une réduction de la dette qu'entend obtenir Syriza. Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront dans l'après-midi à Bruxelles pour examiner les conséquences de l'alternance au pouvoir à Athènes alors que le programme en cours d'assistance financière expire en l'état le 28 février. À Berlin, une porte-parole du ministère allemand des Finances a confirmé qu'un rééchelonnement de la dette grecque était une option mais qu'il n'était pas question d'accepter un effacement.

Sans plan d'assistance, Athènes ne pourra prétendre au programme de rachats de dettes annoncé la semaine dernière par la Banque centrale européenne et aura du mal à se financer sur les marchés obligataires. Et si la Grèce refuse d'honorer le service de sa dette due à ses partenaires de la zone euro, il est peu probable que les investisseurs privés prendront le relais, expliquent des responsables européens.

Les félicitations de Hollande

En tout cas, siFrançois Hollande a adressé un message de félicitation à Alexis Tsipras pour la victoire de son parti,

Il en va autrement de David Cameron . Le Premier ministre britannique a estimé que la victoire de la gauche radicale en Grèce, risque d'accentuer l'incertitude économique en Europe.

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