Alexis Tsipras au micro devant le Premier Ministre Antonis Samaras
Alexis Tsipras au micro devant le Premier Ministre Antonis Samaras © MaxPPP/EPA/Alexandros Vlachos

Le parlement grec doit procéder lundi au troisième tour de scrutin pour élire le Président de la République. Un nouvel échec provoquerait la dissolution du parlement et des élections anticipées pour lesquelles le parti de gauche anti-austérité Syriza est donné favori.

Mardi dernier, le Parlement grec, qui élit le chef de l'Etat, a échoué à le faire pour la deuxième fois, faute d'avoir réuni la majorité nécessaire. Stavros Dimas, l'ex-Commissaire européen et pilier du parti conservateur du Premier ministre que le gouvernement de coalition droite-socialiste a présenté comme candidat au poste honorifique de président de la République, n'a recueilli les voix que de 168 députés sur 300, alors qu'il en fallait 200. Il en avait obtenu 160 au premier tour, le 17 décembre.

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Au troisième tour lundi, la majorité nécessaire à l'élection est abaissée à 180 mais Stavros Dimas, a assuré qu'il ne comptait pas "accepter d'être élu avec les voix d'Aube dorée". Mais si Dimas ne dispose toujours pas lundi, des 180 voix nécessaires, des élections législatives se tiendront dès le 25 janvier ou le 1er février.

"Les Grecs ne veulent pas d'une nouvelle aventure"

Le Premier ministre grec Antonis Samaras a mis en garde samedi contre le risque que présenteraient des législatives anticipées, intimant aux députés d'élire le président du pays lors d'un troisième et dernier scrutin lundi.

"Le refus de l'élection présidentielle équivaut à un chantage politique. Ceux qui s'y livrent font le choix conscient d'une nouvelle aventure", a-t-il ajouté, appelant les députés à "aider à détourner le pays d'une nouvelle crise".

trois points d'avance dans les sondage pour Syriza

Les derniers enquêtes continuent de donner la coalition de gouvernement à la traîne derrière le parti de la gauche radicale Syriza, qui souhaite renégocier le plan d'aide international à la Grèce et revenir sur les mesures d'austérité adoptées ces dernières années. L'avance de Syriza s'est toutefois quelque peu réduite ces dernières semaines.

Le scrutin est observé avec attention en Europe

Le programme de Syriza suscite beaucoup des réserves à Bruxelles. Le parti est opposé à l'extrême rigueur imposée au pays par l'UE, la BCE et le FMI en échange de 240 milliards d'euros de prêts. Syriza souhaite une réduction de la dette greque. Alexis Tsipras a affirmé samedi qu'en cas d'élection il commencerait par "régler la crise humanitaire" du pays, par des mesures qui ne nécessitent selon lui pas de négociations.

Samedi, dans une interview au quotidien Bild, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu que "de nouvelles élections ne changent rien à la dette grecque (175% du PIB). Chaque nouveau gouvernement doit respecter les accords pris par ses prédécesseurs". Les analystes pensent que s'il était élu Alexis Tsipras ferait toutefois preuve réalisme. Ill vient d'ailleurs de s'engager à ne pas agir de manière unilatérale sur la dette.

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