Alexis Tsipras a voté
Alexis Tsipras a voté © SIPA/Michael Debets

Le sondage sortie des urnes donnent Syriza en tête, avec 35 à 39% des voix, ce qui ne permet pas de dire si le parti d'Alexis Tsipras a la majorité absolue.

Les premiers résultats et les alliances possibles avec, à Athènes, Bertrand Gallicher

Près de dix millions d'électeurs grecs étaient appelés à voter. Les bureaux de vote ont ouvert à 7h00 locales (6h00 à Paris) et fermé à 19h00 (18h00 à Paris). Les premières estimations sont arrivées à la clôture des bureaux et les premières projections officielles devraient être disponibles vers 20h30.

Trois des quatre derniers sondages montrent qu'à l'approche du scrutin, le parti de gauche a accentué son avance sur le parti de centre-droit Nouvelle démocratie, du Premier ministre Antonis Samaras.

Le scrutin est surveillé de très près par les partenaires européens d'Athènes, inquiets de la volonté du dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, de "fermement" renégocier l'énorme dette grecque et défier de manière inédite les programmes d'austérité de l'UE. D'autant qu'un succès de Syriza donnerait en revanche un grand espoir aux autres formations de gauche radicale européennes, comme Podemos en Espagne..

A Bruxelles, Pierre Bénazet

« Le peuple grec franchit le dernier pas pour le retour de l'espoir »

Alexis Tsipras a voté à Athènes dans une indescriptible cohue de medias du monde entier, devant monter sur une chaise pour s'adresser à eux :

Aujourd'hui, nous décidons si demain la troïka reviendra en Grèce, ou si notre pays se lancera dans une négociation difficile pour le retour de la dignité et de la cohésion sociale.

Plus tôt dans son village du Péloponnèse, Antonis Samaras, a déclaré l'inverse :

Aujourd'hui nous décidons si nous avançons ou si nous nous lançons dans l'inconnu

Syriza espère la majorité absolue

La mission semble difficile malgré le bonus de 50 sièges pour le gagnant. Il devra plus probablement s'allier avec des partis comme To Potami "La Rivière", nouveau venu de centre-gauche crédité de 5 à 6% des voix après avoir fait entrer deux députés (sur 21 élus grecs) au Parlement européen en mai pour sa première apparition, ou le parti des "Grecs indépendants".

L'analyse de Bertrand Gallicher

Le score du parti néonazi Aube Dorée constitue aussi un enjeu du scrutin. Malgré un procès à venir de quelque 70 membres pour "appartenance à une organisation criminelle", et l'incarcération de sept de ses 16 députés, dont les chefs du parti, Aube dorée pourrait rester dimanche la troisième formation politique grecque.

En cas d'échec des trois partis arrivés en tête à former un gouvernement, les Grecs devront retourner aux urnes en mars

A 40 ans, Alexis Tsipras pourrait devenir le plus jeune Premier ministre grec

Diplôme d'ingénieur civil en poche, après avoir milité dès le lycée, Tsipras adhère d’abord aux Jeunesses communistes grecques (KNE). Il rejoint ensuite le Synaspismos, petit parti eurocommuniste et altermondialiste. A 33 ans, il est élu président de cette formation qui devient la même année, en 2008, une coalition de plusieurs organisations et partis de gauche, sous le nom de Syriza, un parti qui soutien des émeutes urbaine après le meurtre d'un adolescent par un policier à Athènes, ce qui vaut à Syriza de ne dépasser 4,6% des voix aux législatives de 2009.

C'est la crise de la dette en 2010 et les années de marasme économique qui l'ont accompagnée qui ont donné une nouvelle audience à la gauche radicale et son leader. Deuxième aux législatives de 2012, derrière la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras, le parti arrive en tête des élections européennes du printemps dernier. Depuis, Tsipras peaufine son image internationale en multipliant les visites à l'étranger, destinées à lui donner une stature internationale mais aussi à rassurer - un peu - les créanciers de la Grèce.

Tsipras infographie
Tsipras infographie © ide
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