Et si la Grèce quittait l'Europe ? La question est dans tous les esprits depuis plusieurs mois, et encore plus depuis l'annonce de ce référendum qui pourrait mettre un terme à la bataille entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe. Mais est-ce encore la bonne question ?

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Moins de 24 heures après avoir écrit aux bailleurs de fonds internationaux que la Grèce était susceptible d'accepter leur dernier projet d'accord, sous réserve de quelques modifications, Alexis Tsipras a finalement réaffirmé que le pays faisait l'objet d'un "chantage", démentant les rumeurs de report, voire d'annulation, du référendum.

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Dans cette allocution télévisée, il a accentué l'ambiance survoltée, et parfois surréaliste, de ces derniers jours pendant lesquels les déclarations agressives ont succédé aux offres de concessions de dernière minute.

Mais contrairement à ce qu'affirment les responsables européens, le Premier ministre a aussi expliqué à ses compatriotes qu'une victoire du "non" ne serait pas un rejet de l'Europe ni de l'euro , mais qu'il renforcerait au contraire la pression sur les créanciers de la Grèce pour qu'ils acceptent un plan économiquement viable permettant au pays de se financer à nouveau sur les marchés.

Le référendum de dimanche ne porte pas sur la place de notre pays dans l'euro, c'est un acquis et personne ne peut en douter . [...] Le gouvernement grec restera à la table des négociations jusqu'à la fin et sera encore là lundi

Une manière de laisser, encore une fois, la porte ouverte et d'assurer que tout signal positif de la part de ses interlocuteurs serait saisi.

Son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, va même plus loin, en estimant qu'en cas de victoire du "oui" dimanche, son gouvernement pourrait démissionner. "Mais nous le ferons en esprit de coopération avec ceux qui prendront le relais après nous. "Nous croyons que le verdict du peuple doit être respecté." Alexis Tsipras avait lui aussi déjà affirmé qu'il n'était pas "un Premier ministre qui reste en place qu'il pleuve ou qu'il vente".

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Les ministres des Finances de la zone euro, eux, ont discuté de la demande grecque d'un prêt de 29 milliards d'euros pour couvrir le service de sa dette en échange de l'acceptation des propositions de ses créanciers. La réunion s'est terminée sans annonce, à part celle qu'il n'y aurait pas de nouvelle réunion avant dimanche.

Une manière de poursuivre le bras de fer, en attendant l'avis du peuple grec.

En Grèce, entraide, solidarité et vie pas chère

La situation en Grèce reste difficile. Le pays est en défaut de paiement et les Grecs manquent de liquidités. Mais malgré les difficultés du quotidien, depuis la crise, beaucoup ont développé des capacités d’entraide, de vie pas chère et de solidarité

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