La crise grecque
La crise grecque © Yannis Behrakis / Yannis Behrakis

Ce serait pour mercredi soir à l'Eurogroupe. Selon François Hollande, les bases d'un compromis sont réunies. Angela Merkel affirme que beaucoup de travail reste à faire. La BCE a relevé encore les fonds d'urgence-source.

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Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro ont salué lundi les nouvelles propositions de réforme du gouvernement d'Alexis Tsipras, jugeant qu'elles pourraient servir de base à un accord dès cette semaine pour permettre au pays d'obtenir une aide financière et éviter ainsi un défaut sur sa dette. Le président du Conseil européen Donald Tusk, qui présidait à Bruxelles un sommet extraordinaire des dirigeants du bloc de 19 pays, a déclaré que l'objectif était désormais de conclure un accord "réformes contre argent frais" lors d'une nouvelleréunion de l'Eurogroupe mercredi soir , puis de le faire valider le lendemain matin par les chefs d'État et de gouvernement, qui se réunissent jeudi et vendredi pour un Conseil européen. Il a toutefois souligné qu'il fallait parvenir à un accord technique détaillé avec les représentants des gouvernements européens, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

L'accueil globalement positif réservé par les responsables européens aux propositions grecques a créé un climat d'optimisme dont ont profité dans la journée les principales Bourses européennes, en premier lieu Athènes, dont le principal indice a bondi de 9%, avec une envolée de plus de 20% pour lesecteur bancaire grec. Un compromis paraît nécessaire avant le 30 juin, date à laquelle Athènes aura à rembourser 1,6 milliard d'euros au FMI sous peine d'être déclarée en défaut de paiement, une situation qui pourrait précipiter une sortie de la Grèce de la zone euro .

"Je suis convaincu que nous allons trouver un accord parce que nous devons trouver un accord. Comme on dit sur les terrains de football, on ne peut pas jouer les prolongation s", a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à l'issue du sommet de Bruxelles. La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays est le principal créancier de la Grèce, a toutefois souligné ne pouvoir "donner aucune garantie " sur la conclusion d'un accord. "Il y a encore beaucoup de travail à faire ", a-t-elle dit.

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Les propositions de la Grèce vont dans le sens des exigences de ses créanciers

Pour le président français François Hollande, selon qui les bases d'un accord sont aujourd'hui réunies, le travail qui reste à accomplir consiste à mesurer, en terme de recettes et de croissance, l'impact des mesures annoncées par Athènes et de voir quelles réformes structurelles peuvent être ajoutées aux mesures fiscales et budgétaires envisagées. Les propositions de la Grèce vont dans le sens des exigences de ses créanciers puisqu'Athènes propose de porter progressivement l'âge de la retraite à 67 ans, de réduire les opportunités de départ anticipé et d'accepter un taux normal de TVA de 23% en limitant la portée des taux réduits .

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, élu en janvier sur la promesse de mettre fin à cinq ans d'austérité, aurait tenu bon sur le non-relèvement de la TVA sur l'électricité ou le maintien des règles protégeant les salariés sur le marché du travail. Il a estimé à l'issue du sommet extraordinaire que la balle était dans le camp des créanciers. "Nous souhaitons une solution globale et viable qui sera suivie d'un ensemble de mesures fort sur la croissance et permettra dans le même temps de rendre viable l'économie grecque", a dit le chef du parti de gauche Syriza.

Jean-Claude Juncker a déclaré qu'un programme de relance de la croissance de 35 milliards d'euros étalé jusqu'à 2020 avait été proposé à Athènes . Plusieurs voix ont cependant tempéré l'optimisme ambiant dans la journée. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble s'est montré le plus négatif, déclarant n'avoir rien vu de réellement nouveau de la part des Grecs.

Les acteurs de la crise grecque
Les acteurs de la crise grecque © Radio France
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