La Grèce reste bien dans la zone euro
La Grèce reste bien dans la zone euro © Reuters

Lassé de négocier avec des hauts fonctionnaires, Tsipras a voulu frapper un grand coup. Il a insisté pour que se tienne une réunion en marge du sommet européen. Selon A. Merkel, la Grèce s'est engagée à envoyer de nouvelles propositions de réformes.

Les dirigeants européens réunis jeudi et vendredi à Bruxelles ont fait montre d'impatience à l'égard de la Grèce, qui s'est engagée à présenter dans les prochains jours un train de réformes à même de permettre le déblocage d'une aide européenne. Au terme de plus de trois heures de réunion, la Grèce s'est engagée à envoyer "dans les prochains jours" de nouvelles propositions de réformes détaillées à ses partenaires, a déclaré Angela Merkel.

Une réunion de l'Eurogroupe devrait être organisée "dans les meilleurs délais", a poursuivi la chancelière allemande, qui a toutefois ajouté ne pas savoir combien de temps prendrait l'examen des propositions grecques. À l'issue de ce mini-sommet qui a duré jusqu'au milieu de la nuit, le Premier ministre grec s'est montré résolument confiant :

Je suis plus optimiste après cet échange. Je crois que tout le monde a confirmé son intention de faire de son mieux pour surmonter les difficultés de l'économie grecque le plus vite possible.

Dans un communiqué commun publié à l'issue de la réunion, les présidents du Conseil européen, de la Commission européenne et de l'Eurogroupe ont répété leur attachement à l'accord du 20 février qui avait permis de prolonger provisoirement l'aide à Athènes. "Dans un esprit de confiance mutuelle, nous sommes tous, engagés à accélérer le travail et à le conclure le plus rapidement possible", peut-on lire.

"Il n'y a plus de temps à perdre", a confirmé le président français François Hollande lors d'une conférence de presse. Une fois présentées, les réformes grecques "devront être regardées, évaluées" de manière à "ce qu'elle soient compatibles avec les engagements de la Grèce", a-t-il expliqué. "Ce que la Grèce veut, c'est être maître de contenu des réformes. Ce que l'Europe, la zone euro, veut, c'est que ces réformes puissent s'inscrire dans le cadre de l'accord du 20 février, c'est-à-dire pouvant donner toutes les conditions d'une libération des fonds."

Des négociations à petits pas selon Quentin Dickinson

"Le temps presse "

Outre Alexis Tsipras, François Hollande et Angela Merkel, ont aussi participé à cette réunion le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe. Ce dernier a dit espérer que ce mini-sommet permette de relancer les efforts pour résoudre la crise de la dette grecque. "Nous avons fort à faire pour aboutir à un paquet de mesures qui devra être mis en oeuvre dans les trois mois à venir", a-t-il ajouté avant la réunion. "Le temps presse."

Le chef du gouvernement britannique, le conservateur David Cameron, s'est pour sa part montré sévère à l'égard d'Athènes. "Quand je suis venu ici pour la première fois en tant que Premier ministre il y a cinq ans, la Grande-Bretagne et la Grèce étaient grosso modo dans le même bateau, avec des déficits budgétaires comparables", a-t-il déclaré. "La raison pour laquelle nos situations sont différentes aujourd'hui, c'est que nous, nous avons pris des décisions difficiles sur le long terme, et que nous avons fait un travail très difficile pour le peuple britannique. Je suis déterminé à ne pas revenir en arrière."

Devant le Bundestag, Angela Merkel, qui recevra Alexis Tsipras lundi à Berlin, a évoqué un chemin "très difficile" pour les autorités grecques, qui doivent selon elle comprendre que l'aide internationale est assortie de la condition "d'une réforme budgétaire et d'efforts pour que cette aide ne soit, un jour, plus nécessaire". Le vice-Premier ministre grec Yannis Dragasakis a reconnu jeudi soir que son pays avait un problème de liquidités et avait besoin d'une aide extérieure pour payer les salaires des fonctionnaires et les retraites comme pour honorer les remboursements de sa dette.

La Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau relevé le plafond de l'aide d'urgence mise à la disposition du secteur bancaire par la banque centrale nationale, pour le porter à près de 70 milliards d'euros, a-t-on appris de sources bancaires. Les clients des banques grecques ont par ailleurs retiré 300 millions d'euros de leurs comptes sur la seule journée de mercredi selon des sources financières.

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