Alexis Tsipras à la tribune
Alexis Tsipras à la tribune © MaxPPP/EPA/Asimela Pantzartzi

La semaine sera cruciale pour le pays, toujours en négociations avec ses créanciers internationaux (Union européenne et Fonds monétaire international), et en attendant une réunion informelle des ministres des Finances, vendredi prochain. Avec cette question : la Grèce doit-elle et peut-elle partir ?

Même si la menace que représente la Grèce pour le reste de la zone euro et les marchés financiers est jugée beaucoup plus faible qu'il y a quatre ans, les discussions sur les réformes d'Athènes et l'aide internationale risquent fort d'accaparer une bonne partie de l'attention au cours des jours à venir.

Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent vendredi à Riga, en Lettonie, et tout le monde s'accorde pour dire que le temps presse pour éviter un défaut de paiement de la Grèce. Cette réunion doit permettre de mesurer les avancées du pays.

Mais le gouvernement d'Alexis Tsipras n'a toujours pas présenté un programme détaillé de réformes susceptible d'être avalisé par ses bailleurs de fonds, ce qui, la plupart des observateurs, réduit la probabilité d'un compromis rapide.

"La Grèce doit sortir de la zone euro parce qu'elle n'aurait pas dû y rentrer"

Une solution envisageable, c'est tout simplement un départ de la Grèce de la zone euro. Parmi ceux qui le réclament, on compte l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, sorti de son silence il y a quelques semaines pour dire son inquiétude sur la situation grecque. Pour lui comme pour beaucoup, cela permettrait d'éviter une crise encore plus grave et plus étendue en Europe.

Le spécialiste des marchés financiers Marc Fiorentino il faut corriger le tir de toute urgence (contacté par Bruce de Galzain)

Un point de vue que ne partage pas Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). Samedi, lors d'une réunion du FMI, il a assuré que "nous voulons tous que la Grèce réussisse". Mais pour lui, "la réponse se trouve entre les mains du gouvernement grec. Il faut désormais travailler beaucoup plus, et c'est urgent".

Le "groupe de travail Eurogroupe", qui réunit les représentants du Trésor de chacun des pays membres de la zone euro, se réunira mercredi, 48 heures avant la réunion des ministres des Finances à Riga, a-t-on appris dimanche d'un responsable grec.

Les fonds vont manquer

L'Allemagne a déclaré la semaine dernière qu'il n'était pas réaliste de tabler sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes avant la fin du mois.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, victorieux des législatives de janvier après avoir promis de mettre fin à l'austérité, refuse d'engager sous contrainte européenne une réforme des retraites, une autre du marché du travail et des privatisations jugées nécessaires par les bailleurs de fonds étrangers.

Mais après plusieurs semaines de blocage, Athènes risque de manquer prochainement de liquidités. Selon plusieurs responsables grecs, le gouvernement va devoir puiser dans tous les fonds disponibles pour verser les traitements et les retraites de la fonction publique à la fin du mois. Une situation qui pourrait pousser le pouvoir grec à choisir entre payer ses fonctionnaires ou ses créanciers...

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