Donald Trump a signé un décret pour laisser ouverte la prison de Guantanamo. Il l'a confirmé lors de son discours de l'état de l'Union mercredi soir.

Trump a signé un décrêt pour laisser ouverte la prison de Guantanamo
Trump a signé un décrêt pour laisser ouverte la prison de Guantanamo © Maxppp / JOHN RILEY/EFE/Newscom

"Je viens juste de signer un décret ordonnant" au ministre de la Défense Jim Mattis "de réexaminer notre politique d'incarcération militaire et de maintenir ouvertes les installations carcérales de Guantanamo Bay" : c'est la phrase de Donald Trump lors de son discours à Washington mardi soir, marquant ainsi une nette rupture avec les tentatives répétées et finalement vaines de son prédécesseur Barack Obama de fermer le site controversé. 

"Je demande au Congrès de s'assurer que dans la lutte contre le groupe Etat islamique et Al-Qaïda, nous continuons à disposer du pouvoir nécessaire pour détenir les terroristes où que nous les chassions, où que nous les trouvions, et dans de nombreux cas, pour eux, ça sera maintenant Guantanamo Bay", a ajouté le président américain lors de son discours sur l'état de l'Union, sous des applaudissements nourris.

Images et méthodes choquantes

C'est George W. Bush qui avait fait construire rapidement ce centre de détention sur une base navale appartenant aux Etats-Unis, à la pointe est de l'île de Cuba.  

Cette enclave de 117 km2 (dont seulement 49 km2 de terre ferme) avait été cédée par Cuba aux Etats-Unis en 1903, pour remercier son puissant voisin de son aide dans la guerre contre les Espagnols.  Les vingt premiers détenus y sont arrivés le 11 janvier 2002, quelques semaines après les attentats du 11 septembre 2001.  Dès cette époque cette prison a incarné, à travers le monde, les excès dans la lutte antiterroriste des Etats-Unis. 

Les images des prisonniers en combinaison orange, derrière des grillages surmontés de fil barbelé, ont choqué, tout comme les gavages imposés à ceux refusant de se nourrir.  Certains hommes soupçonnés d'être impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 attendent toujours d'être jugés dans ce pénitencier de haute sécurité. 

Au plus fort de son activité, 780 personnes étaient détenues à Guantanamo pour leurs liens présumés avec Al-Qaïda et les talibans.  Des centaines de détenus ont depuis été libérés ou transférés vers leur pays natal ou des pays tiers.  Il ne reste aujourd'hui que 41 détenus, qui pour la majorité ne font l'objet d'aucun chef d'accusation mais dont la libération n'est pas à l'ordre du jour, car ils sont jugés trop dangereux.  

Trump et les bad guys

Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait affiché sa volonté de garder ouverte la prison de Guantanamo et "de la remplir de mauvais gars ("bad guys")". 

Barack Obama avait pourtant promis de  libérer certains détenus, à défaut d'obtenir un compromis avec le Congrès pour fermer le site. La prison de Guantanamo coûte aux contribuables américains entre 400 et 450 millions de dollars par an.  

Donald Trump compte bien remplir Guantanamo de nouveau.

"Désolée Donald Trump, vous donnez de fausses informations sur #Guantanmo. La maintenir ouverte sape la sécurité nationale américaine, ne la renforce pas. Demandez simplement à George W. Bush, Colin Powell et d'innombrables autres experts en sécurité qui sont d'accord, ont tenté de la fermer", a rapidement réagi mardi sur Twitter une responsable de l'ONG Human Rights Watch

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