Barack Obama a annoncé ce jeudi de nouvelles mesures de rétorsion aux personnalités russes impliquées dans l'annexion de la Crimée. La Russie a immédiatement riposté en infligeant à son tour des sanctions à neuf responsables américains.

Nouvelles sanctions d'Obama contre des dirigeants russes
Nouvelles sanctions d'Obama contre des dirigeants russes © Reuters

Barack Obama, qui s'exprimait à la Maison blanche, a dit avoir déjà signé les décrets autorisant ces sanctions qui pourraient toucher des secteurs clés comme la banque, la défense ou encore l'énergie si cela se révèle nécessaire :

Nous allons imposer des sanctions visant d'autres représentants du gouvernement russe. En outre, nous allons sanctionner aujourd'hui un nombre d'autres individus disposant d'importantes ressources et influences qui fournissent un soutien matériel au gouvernement russe.

Obama a également indiqué qu'une banque russe qui soutient les personnes visées par les sanctions serait elle aussi touchée par les mesures restrictives. Lundi, la Maison blanche avait annoncé des mesures contre onze ressortissants russes et ukrainiens impliqués dans l'annexion de la Crimée.

Une vingtaine de responsables russes concernés

"Ce n'est pas la solution qui a notre préférence. Mais la Russie doit comprendre que toute escalade supplémentaire va l'isoler de plus en plus au sein de la communauté internationale", a poursuivi Obama. "Au cours des derniers jours, nous n'avons cessé d'être profondément préoccupés par les événements en Ukraine", a-t-il dit, qualifiant le référendum organisé dimanche d'illégal et l'annexion de la république autonome d'illégitime.

nouvelles sanctions américaines contre moscou
nouvelles sanctions américaines contre moscou © reuters

Un haut responsable américain a précisé que les nouvelles sanctions allaient concerner une vingtaine de personnes impliquées dans l'annexion de la Crimée, y compris des proches conseillers de Vladimir Poutine.

La Russie contre-attaque

La Russie a infligée à son tour des sanctions à neuf responsables américains en réponse au gel des avoirs et des visas que les Etats-Unis ont imposé à plusieurs de ses ressortissants pour l'annexion de la Crimée, a annoncé jeudi le ministère des Affaires étrangères.

Nous avons averti à plusieurs reprises que les sanctions sont un instrument à double tranchant et qu'elles frapperaient les Etats-Unis comme un boomerang.

Les personnalités visées sont Benjamin Rhodes et Caroline Atkinson, conseillers à la sécurité nationale, Harry Reid et John Boehner, respectivement présidents du Sénat et de la Chambre des représentants, les sénateurs John McCain, Mary Landrieu, Dan Coats et Robert Menendez ainsi que Dan Pfeiffer, élu de la Chambre.

La Douma d'Etat, chambre basse du Parlement russe, avait auparavant approuvé à l'unanimité moins une voix le traité sur le rattachement de la Crimée à la Russie, signé deux jours plus tôt par Vladimir Poutine. Le Conseil de la Fédération, la chambre haute, doit se prononcer vendredi, ce qui achèvera le processus.

L'Union européenne moins sévère avec Poutine

A Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont eux aussi promis de nouvelles sanctions tout en prenant soin de ménager Moscou pour ne pas compromettre la "désescalade" qu'ils exigent.

Les Vingt-Huit ont du mal à se mettre d'accord sur des sanctions, tant les intérêts divergent d'un pays à l'autre. Les explications de Delphine Simon.

A son arrivée au Conseil européen, François Hollande a ainsi déclaré :

Les sanctions économiques, même si elles ne sont pas décidées aujourd'hui, doivent être envisagées, doivent être en tout cas préparées mais pour la réunion du Conseil européen d'aujourd'hui (...), ce sont des sanctions individuelles qui doivent être prononcées.

Le président français a confirmé l'annulation du sommet UE-Russie prévu en juin en marge du G8 de Sotchi qu'organise la Russie, estimant que cette réunion ne pouvait pas avoir lieu "dans ces conditions".

Quelles sanctions contre la Russie ?
Quelles sanctions contre la Russie ? © Idé
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