[scald=205413:sdl_editor_representation]par Ahmed Elshemi et Tom Perry

LE CAIRE (Reuters) - Des centaines de manifestants, jeunes pour la plupart, ont affronté la police dans la nuit de jeudi à vendredi sur la place Tahrir, au Caire, alors que l'Egypte fête le second anniversaire de la révolution qui a chassé du pouvoir l'ancien président Hosni Moubarak.

Les manifestants ont jeté des cocktails molotov et des pétards contre un barrage de police qui empêche l'accès à des bâtiments gouvernementaux situés près de la place, de nouveau calme à l'aube.

Le ministère de la Santé a fait état de 16 blessés.

L'opposition a appelé à manifester place Tahrir vendredi, date anniversaire du début de la révolution du 25 janvier, pour exprimer sa colère contre le président Mohamed Morsi et les Frères musulmans dont il est issu.

"Nous ne considérons pas cela comme une célébration", a déclaré Ahmed Maher, fondateur du Mouvement du 6-Avril, regroupement de jeunes révolutionnaires, en partie à l'origine du soulèvement. "Ce sera une nouvelle vague révolutionnaire qui montrera aux Frères musulmans qu'ils ne sont pas seuls, qu'il existe d'autres forces capables de leur résister."

Les laïques et les libéraux rassemblés au sein du Front du salut national (FSN) accusent les Frères musulmans de vouloir dominer le pays et de restreindre les libertés civiques, notamment depuis l'adoption en décembre par référendum d'une Constitution controversée.

Les Frères musulmans ont annoncé de leur côté qu'ils n'appelaient pas leurs partisans à descendre place Tahrir.

Les yeux rivés sur les prochaines élections législatives, la confrérie fêtera le deuxième anniversaire de la révolution en lançant une campagne caritative en faveur des plus démunis.

"L'importance de l'anniversaire est de remonter le moral des Egyptiens: plus d'espoir et plus d'emplois", a déclaré Ahmed Aref, porte-parole des Frères musulmans qui se trouvait place Tahrir pendant les 18 jours qu'a duré le soulèvement contre Moubarak.

Pouvoir et opposition se rejettent la responsabilité de la mauvaise situation économique actuelle, alors que la chute de la livre égyptienne a renchéri le coût des denrées à l'importation dont le pays dépend cruellement.

Hélène Duvigneau et Julien Dury pour le service français

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