Au moment où l'on commémore l'attaque d'Hiroshima, certains Japonais espèrent pouvoir faire amender la Constitution et permettre à leur pays d'avoir une armée de défense.

En juin 2017, La Force d'autodéfense du Japon (JSDF) immobilise son unité de missile PAC-3  après le lancement de missiles par la Corée du Nord
En juin 2017, La Force d'autodéfense du Japon (JSDF) immobilise son unité de missile PAC-3 après le lancement de missiles par la Corée du Nord © Reuters / Isei Kato

La Constitution pacifiste du Japon est inchangée depuis 70 ans mais les tirs de missiles nord-coréens incite le Premier ministreShinzo Abe à faire adopter un amendement pour y introduire une clause reconnaissant comme constitutionnelles les forces d'autodéfense.

Les Japonais sont très attachés à cette charte qui leur impose de ne plus faire la guerre. Les partis favorables à un amendement sont en mesure de constituer la majorité des deux tiers dans les deux chambres, nécessaire au vote de modifications. Celles-ci seraient néanmoins soumises à référendum, un obstacle majeur.

Les défenseurs de cette réforme vise la reconnaissance des forces d'autodéfense en tant qu'armée et une affirmation claire du droit du Japon à se défendre.

La Constitution n'a jamais été amendée mais interprétée de manière à assouplir certaines contraintes, comme lors du passage en septembre 2015 de lois qui permettent en théorie aux forces d'autodéfense d'appuyer un allié en difficulté à l'étranger.

Dans une des premières mises en oeuvre de ces nouvelles lois, le Japon a lundi déployé son plus grand bateau de guerre pour escorter des navires de ravitaillement américains alors que les tensions s'exacerbent autour de la péninsule coréenne.

Se protéger des missiles nord-coréens

La Corée du Nord, qui souhaite se doter d’une force de frappe nucléaire capable d’atteindre les Américains sur leur sol, pourrait atteindre la Corée du Sud et le Japon, ou même l’île de Guam, où se trouvent des bases américaines.

La Corée du Nord a testé tôt mardi matin 4 juillet un missile qui a parcouru 930 kilomètres, Il s'agissait selon la télé coréeenne d'un missile balistique intercontinental. Depuis des années, la Corée du Nord tente de se doter d'une telle arme. Sur le papier, elle disposerait de plusieurs types de ces missiles capable de frapper l'Alaska.

Dans les faits, l'opération semble compliquée pour la Corée du Nord, qui maîtrise encore très mal la technologie et les connaissances pour élaborer de tels missiles, d'où la multiplication des tests plus ou moins malheureux. Il n'empêche, le pays est désormais en mesure de frapper le Japon à défaut de pourvoir, pour l'instant, frapper l'Alaska.

La portée théorique des missiles nord-corée inclut très largement le Japon
La portée théorique des missiles nord-corée inclut très largement le Japon © Visactu / Visactu

Une force antimissile

Depuis 1998, le Japon développe son programme antimissile en collaboration avec les États-Unis, suite aux tirs d'essai de missiles de la Corée du Nord passant au-dessus de son territoire.

En 2012, les forces d’autodéfense nippones mettent en œuvre quatre destroyers dotés de missiles intercepteurs ainsi que 16 batteries PAC-3 (Patriot Advance Capability-3).

Le pays dispose également de radars. Navires et radars américains viennent également en appui des moyens japonais. Le gouvernement japonais doit s'assurer de l'autonomie de ces décisions, et renforcer ses équipements.

Un programme de satellite-espions japonais, le Information Gathering Satellite, a également été mis en place et le premier satellite mis en orbite en 2003 sous la direction du Cabinet Satellite Information Center placé sous le contrôle direct du cabinet du Premier ministre du Japon.

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