Les Émirats arabes unis et Israël ont convenu jeudi de normaliser leurs relations. Si la communauté internationale salue globalement l'accord, la Turquie et l'Autorité palestinienne, notamment, parlent d'une "trahison".

L'accord a été négocié par les États-Unis.
L'accord a été négocié par les États-Unis. © AFP / Brendan Smialowski

L'annonce a été faite en grande pompe par Donald Trump sur Twitter. Les Émirats arabes unis et Israël ont convenu jeudi de normaliser leurs relations, dans le cadre d'un accord historique négocié par les États-Unis. Cet accord verra Israël mettre fin à son plan d'annexion de grandes parties de la Cisjordanie occupée, selon les Émirats. "Historique" pour les États-Unis et l'Allemagne, "trahison" pour la Turquie et l'Autorité palestinienne... Tour d'horizon des réactions à l'international.

Israël évoque une "nouvelle ère"

Benjamin Netanyahu, lors d'une allocution télévisée, s'est félicité de l'accord, tout en rappelant les précédents : "En 1979, (Menahem) Begin a signé la paix avec l'Égypte, en 1994 (Yitzhak) Rabin a signé avec la Jordanie, et j'ai le mérite de signer en 2020 le troisième accord de paix avec un pays arabe", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui nous inaugurons une nouvelle ère de paix entre Israël et le monde arabe", estime le Premier ministre israélien sur Twitter : 

Les Émirats arabes unis parlent d'une "étape audacieuse" (et annoncent l'ouverture d'ambassades)

"La plupart des pays y verront une étape audacieuse pour parvenir une solution à deux États, donnant du temps aux négociations", a déclaré le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse. Il a ajouté que les deux pays allaient ouvrir des ambassades, dans "pas longtemps".

"Accord historique" pour les États-Unis

Donald Trump ne ménage pas ses mots pour parler de l'accord de paix. Il s'agit d'une "percée spectaculaire", a commenté le président des États-Unis, qualifiant cette normalisation d'"accord de paix historique entre nos deux grands amis".

"Les États-Unis espèrent que ce pas audacieux sera le premier d'une série d'accords clôturant 72 années d'hostilités dans la région", a appuyé le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

La France salue un "nouvel état d'esprit"

La France s'est félicitée de l'accord, mais également de la "décision prise dans ce cadre" par Israël de "suspendre l'annexion de territoires palestiniens", dans un communiqué du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian : "L'état d'esprit nouveau dont témoignent ces annonces doit désormais permettre la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens en vue de l'établissement de deux États (...)"

La "seule solution", dit le Royaume-Uni

"C'est une étape historique qui voit la normalisation des relations entre deux grands amis du Royaume-Uni", a tenu à souligner sur Twitter le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab : "À la fin, il n'y a pas de substitut pour des négociations directes entre les Palestiniens et Israël, seule solution pour parvenir à une solution à deux États et une paix durable."

"Un pas historique" pour l'Allemagne

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a jugé vendredi que l'accord de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis était "une contribution importante à la paix dans la région" : c'est "un pas historique", a estimé le chef de la diplomatie allemande, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE.

Le sultanat d'Oman et Bahreïn satisfaits

Deux positions qui comptent, les deux pays étant voisins des Émirats arabes unis. Pour le Bahreïn, il s'agit d'une "étape historique", qui "contribuera au renforcement de la stabilité et de la paix dans la région", selon l'agence de presse officielle du pays.

"Historique", le mot est aussi employé par le sultanat d'Oman. "Nous espérons que cette décision contribuera à établir une paix complète, juste et durable au Proche-Orient", a annoncé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

L'Iran dénonce une "stupidité stratégique"

Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié l'accord de "stupidité stratégique d'Abou Dhabi et de Tel-Aviv", ajoutant qu'il renforcerait "l'axe de résistance dans la région", en référence aux alliés de Téhéran au Moyen-Orient.

La Turquie parle d'une "trahison"...

"Les Émirats arabes unis s'efforcent de présenter cela comme une sorte de sacrifice pour la Palestine, alors qu'ils trahissent la cause palestinienne pour servir leurs petits intérêts", a estimé le ministère turc des Affaires étrangères : "L'Histoire et la conscience des peuples de la région n'oublieront pas cette hypocrisie et ne la pardonneront jamais."

... tout comme l'Autorité palestinienne

Cet accord est également une "trahison", selon l'Autorité palestinienne : "Les dirigeants palestiniens rejettent ce que les Émirats arabes unis ont fait. Il s'agit d'une trahison de Jérusalem et de la cause palestinienne", a indiqué dans un communiqué l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, appelant à une "réunion d'urgence" de la Ligue arabe.

Une "occasion", selon l'ONU

Les Nations unies, enfin, parlent elles d'une "occasion"  : cet accord pourrait créer "une occasion pour les dirigeants israéliens et palestiniens de reprendre des négociations substantielles, débouchant sur une solution à deux États conformément aux résolutions onusiennes en la matière", a ainsi jugé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

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