François Hollande accueilli sur le tarmac de Bakou en Azerbaïdjan
François Hollande accueilli sur le tarmac de Bakou en Azerbaïdjan © Radio France

La crise ukrainienne pèsera sur la tournée qu'entame ce dimanche François Hollande en Azerbaïdjan, Arménie et Géorgie, où il tentera de resserrer les liens de ces pays avec la France et l'Union européenne... sans irriter leur puissant voisin russe.

La tâche s'annonce délicate à deux semaines de l'élection présidentielle du 25 mai dans une Ukraine déstabilisée depuis le rattachement de la Crimée à la Russie, en mars.

L'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Géorgie comptent, comme l'Ukraine, parmi les six Etats visés par le partenariat oriental conçu par l'Union européenne pour cette région du monde. Un programme qui ne prévoit pas d'adhésion à l'UE, mais un rapprochement politique et économique.

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L'affaire ukrainienne accentue la pression sur les pays du Caucase du Sud, en particulier la Géorgie, six ans après la guerre éclair perdue face à la Russie.

Influence européenne contre influence russe

Tbilissi, inquiet des événements d'Ukraine, espère que l'Otan et l'Union européenne vont accélérer le processus de son intégration dans le giron occidental. Dans ce contexte tendu, l'entourage de François Hollande souligne qu'il n'a aucune intention de mettre en concurrence les influences européenne et russe. Ce voyage n'est pas "une visite de combat" mais "d'ouverture", résume un conseiller.

"La position de la France a toujours été que le rapprochement avec l'Union européenne n'est pas un travail mené contre la Russie", dit-on à l'Elysée :

Nous voulons absolument éviter une polarisation qui conduirait à choisir entre un côté et un autre. Ce serait la pire des situations pour ces pays.

"Le message envoyé aux autorités russes est que le travail d'ouverture avec l'Union européenne n'est pas un jeu à somme nulle avec la Russie", ajoute-t-on, tout en reconnaissant que Vladimir Poutine "n'est peut-être pas d'accord avec ça".

Visite diplomatique... et économique

La première étape de François Hollande sera l'Azerbaïdjan, principal partenaire commercial de la France dans le Caucase, avec lequel Paris veut redresser une balance des échanges déséquilibrée : 1,7 milliard d'euros d'exportations de l'Azerbaïdjan vers la France, des hydrocarbures pour la plupart, contre un peu plus de 266 millions dans le sens inverse.

Le chef de l'État sera accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprise. De plus en plus de sociétés investissent dans le Caucase, explique le politiologue Gaïdz Minassian, membre de la Fondation pour la recherche stratégique :

Il y a une volonté de la part de la France de transformer ce capital d'amitié, lié aux très anciennes relations franco-arméniennes, en capital économique.

Le conflit "gelé" du Haut-Karabach est aussi au menu des discussions de François Hollande, qui visitera symboliquement l'Azerbaïdjan et l'Arménie lundi, 20 ans jour pour jour après le cessez-le-feu de 1994.

La France est membre du groupe de Minsk créé pour rechercher une solution pacifique au conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts au début des années 1990. Les explications d'Hervé Toutain.

L'étape arménienne sera l'occasion de mesurer les effets du récent rapprochement franco-turc sous l'impulsion de François Hollande, qui s'est rendu en Turquie fin janvier.

Alors que la reconnaissance du génocide arménien de 1915 continue d'empoisonner les relations entre Ankara et Erevan, le président français a salué "l'évolution" du Premier ministre turc Recep Tayip Erdogan après la présentation de ses condoléances aux descendants des victimes des massacres, qui ont fait jusqu'à 1,5 million de morts.

Hollande dans le Caucase
Hollande dans le Caucase © Idé
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