Le président français est monté à la tribune de l'Onu. Il s'est exprimé sur la Syrie et a exigé "que la résolution puisse prévoir des mesures coercitives" et "que ceux qui ont commis ces crimes soient tenus responsables devant la justice".

Que ceux qui ont commis ces crimes soient tenus responsables devant la justice.

Hollande à la tribune de l'Onu
Hollande à la tribune de l'Onu © REUTERS/Mike Segar / REUTERS/Mike Segar

François Hollande a une nouvelle fois demandé mardi au Conseil de sécurité de l'Onu de voter une résolution incluant des "mesures coercitives" pour obliger le régime syrien à renoncer à son arsenal chimique. "En Syrie, il y a urgence", a-t-il déclaré dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.

Le président français a demandé que soient jugés les auteurs des attaques chimiques telle que celle perpétrée le 21 août près, de Damas, que Paris attribue au régime de Bachar al Assad.

"Face à ce crime terrifiant, la France a voulu une réaction forte pour sanctionner une violation du droit international mais aussi pour dissuader le régime de Bachar al Assad de commettre de nouveaux massacres", a-t-il déclaré.

Après avoir envisagé une action militaire contre Damas, Paris et Washington ont finalement accepté une solution diplomatique suite à un accord russo-américain trouvé à Genève à la mi-septembre. Ce texte relatif au démantèlement de l'arsenal chimique syrien est en passe d'être traduit dans une résolution de l'Onu que le France souhaite placer sous chapitre VII, qui prévoit des sanctions en cas de non respect de son contenu. La France exige que la résolution "puisse prévoir des mesures coercitives, c'est-à-dire sous chapitre 7 , en cas de non respect des engagements par le régime syrien. C'est d'ailleurs ce que l'accord de Genève qui a été signé entre les Russes et les Américains prévoit", a dit le chef de l'Etat.

François Hollande a aussi demandé que "ceux qui ont commis ces crimes soient tenus responsables devant la justice". Estimant que "trop de temps a été perdu", le président français a de nouveau plaidé pour une solution politique pour "faire cesser cette guerre qui est la plus meurtrière depuis le début de ce siècle".

Pour la France, la conférence internationale dite de "Genève 2" devra être non pas "une réunion pour parler", mais "une conférence pour décider", débouchant sur l'installation d'un "gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs et dont la mission pourrait être de rétablir la paix civile, de protéger toutes les communautés et d'organiser, le moment venu, des élections". "Seront bienvenus" à cette conférence "tous les pays qui acceptent cet objectif", a-t-il conclu.

L'Iran et les grandes puissances mondiales s'entretiennent au sujet du nucléaire

L 'Assemblée Générale des Nations Unies s'ouvre aujourd'hui à New-York. A l'ordre du jour, la Syrie bien sûr mais aussi l'Iran avec pour la première fois le président Hassan Rohani. François Hollande a prévu de s'entretenir avec lui dès mardi.

Les précisions à New-York de Luc Lemonnier

Hassan Rohani, le nouveau président iranien
Hassan Rohani, le nouveau président iranien © REUTERS/Raheb Homavandi

Selon ministère iranien des Affaires étrangères, la réunion sera le "début d'une nouvelle ère". L'Iran n'a pas pour autant envisager de faire des concessions. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, qui vient d'être chargé des négociations sur le nucléaire, doit rencontrer jeudi à New York les représentants du groupe P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne) pour évoquer la question nucléaire. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a confirmé sa participation à la réunion. Il s'agira de la rencontre de plus haut niveau entre les Etats-Unis et l'Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 1980 consécutive à la prise d'otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran de fin 1979.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Marzieh Afkham s'est exprimé lors d'une conférence de presse :

Ces discussions sont le début d'une nouvelle ère. La République islamique a exposé de façon explicite sa position concernant son droit à l'énergie nucléaire pacifique et son droit à l'enrichissement (de l'uranium) sur le territoire iranien. Cette réunion représente un engagement sérieux des parties étrangères à parvenir à une solution basée sur un calendrier précis.

Avant de se rendre à New York, le nouveau président iranien Hassan Rohani a déclaré lundi qu'il voulait profiter de sa visite à l'Assemblée générale de l'Onu à New York pour présenter "le vrai visage de l'Iran" et poursuivre les discussions avec l'Occident pour mettre fin au différend nucléaire.

Les autorités américaines ont également suggéré la possibilité d'une rencontre entre Barack Obama et Hassan Rohani en marge de l'assemblée générale des Nations unies, rencontre qui suscite l'inquiétude d'Israël. Les deux présidents doivent s'exprimer ce mardi à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies. Mais mardi, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a semblé minimiser cette perspective. "Rien n'a été organisé pour une rencontre. C'est plutôt une discussion dans les médias", a déclaré Marzieh Afkham à la presse.

L'Iran affirme que l'enrichissement de l'uranium ne vise qu'à alimenter son futur réseau de centrales électriques nucléaires et à développer son secteur médical. Les Etats-Unis et leurs alliés, qui soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique en perfectionnant son savoir-faire en matière d'enrichissement de l'uranium, ont imposé de lourdes sanctions économiques à l'Iran.

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