la campagne est destinée à effrayer la population avant le référendum du 2 octobre sur de possibles projets de répartition par quotas des réfugiés entre les Etats de l'UE

Un des panneaux installés pour le référendum d'octobre
Un des panneaux installés pour le référendum d'octobre © DR

Voulez-vous que l'Union européenne soit habilitée à décider l'installation obligatoire de citoyens non hongrois sans le consentement du Parlement ?

C’est la question que le Premier ministre hongrois Viktor Orban, absolument opposé au projet de la Commission européenne de répartition par quotas des réfugiés entre les Etats membres de l'UE, va poser aux Hongrois par référendum le 2 octobre prochain.

Le plan européen adopté en septembre 2015, refusé par Budapest, prévoyait d’installer 2.000 demandeurs d’asile en Hongrie. Budapest a précisé ces dernières semaines que la consultation ne portait pas sur ce plan, mais sur des projets "futurs" de l'UE, non encore votés, visant à pérenniser ce mécanisme de répartition.

Le référendum n’a pas de valeur légale mais il permet au gouvernement Orban d’entretenir une psychose autour des réfugiés.

Une campagne sur le thème du terrorisme et des violences envers les femmes

Ilona Pécsi est retraitée. Elle n’a jamais rencontré de migrants. Mais elle en a peur. Le 2 octobre prochain, elle votera non au référendum. Non à l’implantation de réfugiés en Hongrie.

Parmi ces migrants, il y a sûrement des gens dont on ne sait rien, des gens qu’on n’a pas envie de voir chez nous !

Si la campagne débute officiellement aujourd’hui, cela fait des jours que des affiches gouvernementales sont placardées dans toute la Hongrie. Avec des messages du style : "Le saviez-vous ? Depuis l’arrivée des migrants en Europe, les violences contre les femmes ont augmenté" ou "L’attentat terroriste de Paris a été commis par des migrants". "Plus de 300 personnes sont mortes en Europe depuis le début de la vague migratoire" et encore "Le saviez-vous ? Bruxelles veut que nous recevions un nombre de migrants équivalant à la taille d'une ville".

Des messages diffusés aussi dans la presse écrite, à la radio, sur internet dans des spots télévisés. Le gouvernement avait déjà lancé à plusieurs reprises des campagnes publiques contre les demandeurs d'asile, notamment en juin et décembre 2015, ainsi qu'au printemps.

Envoyez un message à Bruxelles !

En tout cas cette campagne de haine a réussi à effrayer les Hongrois. Tibor Zavécz, directeur d’un institut de sondage, explique :

Il y a des affiches, des spots à la radio, à la télévision, pendant la retransmission des jeux olympiques… Chaque citoyen hongrois reçoit ce message plusieurs fois par jour ! C’est clair, le gouvernement a réussi, pour l’instant, à imprimer son message dans la tête des gens.

Plus de la moitié des électeurs se déplaceraient. 74% voteraient contre l’accueil des réfugiés. Le référendum n’aura pas de conséquences légales. Mais il permet au gouvernement Orban d’entretenir la psychose et de se poser en défendeur de la nation.

Le Premier ministre hongrois, qui juge la politique européenne d'immigration trop permissive, se pose régulièrement en défenseur de "la civilisation européenne". Orban a annoncé le référendum d'octobre dix jours après le vote anglais sur le Brexit qu'il interprète comme une réponse des anglais à l'Europe sur la question migratoire.

Le référendum hongrois marquera une nouvelle étape dans les rapports tendus du gouvernement Orban avec les institutions européennes qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2010, lui ont régulièrement reproché de porter à atteinte à l'état de droit et à l'équilibre des pouvoirs dans son pays.

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