Le Premier ministre a dramatisé le débat pour convaincre les Hongrois de se rendre en nombre aux urnes dimanche, mais la participation n'a pas dépassé les 50% et n'est pas valide

L'un des affiches gouvernementales. Celles ci dit "Nous ne devrions pas prendre un risque, votez non».
L'un des affiches gouvernementales. Celles ci dit "Nous ne devrions pas prendre un risque, votez non». © Reuters / Laszlo Balogh

Le campagne a convaincu, puisque environ 95% des Hongrois qui sont allés voter pour le référendum sur l'immigration ont rejeté la politique européenne de quotas de migrants attribués par pays, mais le taux de participation a été inférieur au seuil de 50% nécessaire pour que le scrutin soit valide. Il serait de 45% .

Les dirigeants de la Fidesz, le parti de Viktor Orban, ont annoncé la victoire du "non" aux quotas peu après la fermeture des bureaux de vote, sur la base des sondages de sortie des urnes. Le Premier ministre devrait s'exprimer dans la soirée après la publication des premiers résultats.

Viktor Orban a portant tout fait pour que les Hongrois le soutiennent dans son référendum anti-migrants

Rien que la question posée allait dans ce sens, sans jamais prononcer le mot de migrants : " Voulez-vous que l’Union européenne décrète une délocalisation obligatoire de citoyens non Hongrois en Hongrie sans l’approbation du parlement hongrois ?" Et comme, d’après les enquêtes d’opinion, 80% des Hongrois sont opposés aux quotas de migrants, la réponse ne faisait pas beaucoup de doute.

Sauf que la constitution hongroise prévoit que pour qu’un référendum soit valide, il faut que la participation dépasse les 50%, or, en général en Hongrie, les référendums ne mobilisent pas les foules en Hongrie. La surenchère de Viktor Orban n'aura pas suffit.

Le discours officiel présente les migrants comme des terroristes, des violeurs, des délinquants qui menacent un pays qui n’a pratiquement jamais connu d’immigrants

Au cours des deux derniers mois, le gouvernement hongrois a multiplié les affichages dans l'ensemble du pays afin de délivrer le message qu'il existait un lien direct entre l'immigration et l'insécurité. D'ailleurs Viktor Orban, affirmait encore jeudi soir à la télévision :

plus il y aura de migrants, plus grand sera le risque du terrorisme.

Cette communication a marqué les esprits des Hongrois. L'un des slogans de campagne affirmait :

Le saviez-vous ? Depuis le début de la crise migratoire, le nombre de cas de harcèlement contre les femmes s'est envolé en Europe.

L’opposition, qui peine à faire entendre sa voix, a dénoncé une campagne de peur et de haine, et une tentative du gouvernement Hongrois de faire pression sur l’Union européenne.

Avec ce référendum, Orban veut peser plus face à Bruxelles mais aussi préparer les élections
Avec ce référendum, Orban veut peser plus face à Bruxelles mais aussi préparer les élections © Maxppp / Szilard Koszticsaks

Un référendum pour dire non aux réfugiés et oui à Orban

Les observateurs et les associations de défense des droits expliquent qu'Orban axe son discours sur l'immigration afin de cimenter un soutien populaire à son parti, le Fidesz, qui a obtenu en 2010 les deux tiers des voix au parlement, ce qui lui a permis de modifier la constitution et de mettre au pas les médias publics. Avec ce référendum Viktor Orban pensait avant tout à sa réélection et à préparer dans les meilleures conditions les élections générales de 2018. C'est raté...

► POUR EN SAVOIR PLUS | Lire Hongrie : débuts d'une campagne gouvernementale anti réfugiés

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