Une collection documentaire proposée par Daniel Leconte , Coproduction Daniel Leconte : ARTE France, DOC EN STOCK

Paroles interdites

Téhéran, juin 2009, le président Mahmoud Ahmadinejad vient d’annoncer sa victoire aux élections présidentielles avec une majorité de deux tiers. Le lendemain, les Iraniens descendent dans la rue pour crier à la fraude électorale. Eux avaient voté pour le candidat réformateur, Mir Hossein Mousavi. « Where is my vote ? » (Où est mon vote ?) devient le cri de ralliement d’une jeunesse à bout. Les images des émeutes, filmées par les Iraniens avec leurs téléphones portables font le tour du monde. Le gouvernement répond avec violence, le bilan est sanglant: 190 morts et des centaines d’arrestations.4 ans plus tard, en juin 2013, l’Iran s’apprête à élire un nouveau président. Déterminé à éviter coûte que coûte les débordements populaires de 2009, le régime a redoublé d’efforts pour mater l’opposition et contrôler les médias. Mais la situation reste explosive. Aujourd’hui, à quelques mois des élections, où en sont les Iraniens de leurs aspirations démocratiques ? Quels sont les enjeux de ces élections ? Les Iraniens, vont-ils aller voter en juin ?

Rédaction Radio Farda, service persanophone, radio Free Europe
Rédaction Radio Farda, service persanophone, radio Free Europe © Dock en Stock

Impossible pour nous de poser ces questions sur le terrain, en Iran. Le régime surveille les journalistes étrangers de près et punit tout Iranien qui oserait s’exprimer librement. Alors pour réaliser ce road-movie « I Love Democracy », nous proposons un voyage un peu particulier qui nous fera découvrir la diaspora iranienne. Elle compte aujourd’hui 6 millions individus aux quatre coins du monde. Journalistes, activistes politiques, artistes mais aussi étudiants ont quitté la République Islamique pour pouvoir vivre, travailler et s’exprimer en toute liberté. Avec d’innombrables sites internet, radios ou stations de télévision en langue persane, cette diaspora représente aujourd’hui un puissant relai d’information indépendant pour la population iranienne. Des chaînes comme la BBC persane ou « Voice of America » aux Etats-Unis récupèrent des images interdites, filmées par les Iraniens avec leurs téléphones portables et les diffusent. « Radio Farda » à Prague, la branche persanophone de « Radio Free Europe » donne la parole à ses auditeurs en Iran pour s’exprimer sur des sujets sensibles voire tabous : les élections libres, les droits de l’homme ou la sexualité. Ces débats, souvent animés sont l’occasion pour les Iraniens de pratiquer la démocratie directe. Résultat : les Iraniens sont de plus en plus nombreux à s’informer grâce à ces médias diffusés depuis l’étranger. D’ailleurs, selon les estimations d’un professeur d’université de Téhéran, les Iraniens ne consacrent pas plus de deux minutes par jour à leur télévision d’état !

Siège de la BBC rédaction persanes à londres
Siège de la BBC rédaction persanes à londres © Dock en Stock

Le régime organise d’ailleurs régulièrement des campagnes d’intimidation et de diffamation contre ces médias étrangers et leurs journalistes. Preuve s’il en fallait qu’il n’ya rien de plus dangereux pour une dictature que la libre circulation de l’information… Pour partir à la découverte de l’Iran, de ses enjeux sociaux, politiques et économiques à la veille de l’élection présidentielle, nous allons nous appuyer sur cette diaspora, ses informations, ses sources et ses contacts à l’intérieur même de l’Iran. Entre Paris, Londres, Washington et Prague, nous sommes allés à la rencontre d’hommes et femmes hors du commun, les véritables porte-paroles d’un peuple amputé de toutes ses libertés. A la suite de ce carnet de route, nous retrouvons Daniel Leconte qui questionnera le régime iranien aux côtés de personnalités iraniennes de premier plan comme la lauréate du Prix Nobel de la Paix 2003 Shirin Ebadi, le premier président de la République islamique d’Iran Abolhassan Bani Sadr, ou encore le porte-parole du mouvement vert Ardeshir Amir Arjomand.

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