Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont convergé vers Washington pour célébrer le 50e anniversaire du discours historique pour les droits civiques de Martin Luther King "I have a dream...", "Je fais un rêve.

Le mercredi 28 août 1963, le discours de Martin Luther King -assassiné en avril 1968 à Memphis- avait rassemblé près de 250.000 personnes de toutes les origines ethniques, venues sur le National Mall.

Ils ont marché en scandant le slogan "L'égalité maintenant !" et en chantant "We Shall Overcome" ("Nous vaincrons"), lors de cette marche dont l'intitulé originel était "Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté". Des millions d'Américains regardaient l’événement à la téléviseur.

Ce jour-là, Martin Luther King, 34 ans, était le dernier orateur. Et c'est en s'écartant du texte qu'il avait sous les yeux qu'il lança son célèbre: "Je fais un rêve".

Aujourd'hui 150.000 personnes étaient réunies à leur tour sur le National Mall

Aurélien Colly retrace la commémoration

La fameuse litanie "I have a dream" est gravée sur les marches du monument, à l'endroit précis où Martin Luther King avait parlé, à l'orée de la promulgation des lois sur les droits civiques par le président Lyndon Johnson en 1964 et 1965.

Je fais un rêve

« Je fais le rêve qu'un jour cette nation se lève et vive la vraie signification de sa croyance : nous tenons ces vérités comme évidentes que tous les hommes naissent égaux. »

Je fais le rêve qu'un jour, sur les collines de terre rouge de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.

Je fais le rêve qu'un jour, même l'État de Mississipi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression, sera transformé en oasis de liberté et de justice.

Je fais le rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau mais à la mesure de leur caractère.

J'ai fait ce rêve aujourd'hui.

J'ai fait un rêve qu'un jour l'État de l'Alabama, dont le gouverneur actuel parle d'interposition et de nullité, sera transformé en un endroit où les petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcher ensemble comme frères et soeurs...

Et si l'Amérique est une grande nation ceci doit se faire... »Sous un ciel bleu, des dizaines milliers de manifestants, Blancs, Noirs et Hispaniques, étaient réunis en face de l'immense statue du président Lincoln, où le 28 août 1963 le pasteur Martin Luther King a prononcé un discours contre la ségrégation qui a marqué à jmais la société américaine.

Parmi les orateurs de 2013, le fils du pasteur, assassiné en 1968 à Memphis, la chef des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, le révérend et militant des droits civiques Al Sharpton, ainsi que des syndicats et organisations de défense des droits civiques.

"Quand les gens de couleur réussissent, l'Amérique réussit" (Nancy Pelosi)

"Nous croyons en une Amérique nouvelle. Le moment est venu de marcher pour une Amérique nouvelle", a déclaré le révérend Al Sharpton.

Avec plusieurs autres orateurs, il a rendu hommage à Martin Luther King et à d'autres leaders des droits civiques pour les progrès réalisés au cours des 50 dernières années, qui ont permis par exemple à l'élection du premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama.

"King a vu il y a cinquante ans la possibilité d'un Obama. Le monde est constitué de rêveurs qui changent la réalité grâce à leur rêve .Et ce que nous devons faire, c'est permettre aux jeunes d'aujourd'hui de rêver à leur tour", a dit Sharpton.

"Le travail n'est pas fini, le voyage n'est pas terminé!", a lancé dans une intervention enflammée le fils du pasteur Luther King : Martin Luther King III.

"Le rêve est loin d'être réalisé, les pleurs de la mère et du père de Trayvon Martin nous rappellent que bien trop souvent la couleur de la peau reste un permis pour le délit de faciès, pour arrêter et même pour assassiner", a-t-il martelé, en référence à l'adolescent noir tué en 2012 en Floride par un vigile, George Zimmerman, alors qu'il était sans arme.

S'exprimant à la tribune en arborant un tee-shirt à l'effigie de Barack Obama, la mère de Trayvon, Sybrina Fulton, a souligné: "Trayvon Martin n'est pas simplement mon fils, il est notre fils à tous, et nous devons nous battre pour nos enfants".

Plus de 40 organisations participaient au rassemblement,destiné également à attirer l'attention de l'opinion sur des thèmes comme la violence due aux armes à feu, les droits de vote, les droits des femmes, l'emploi et la réforme de l'immigration.

Célébration du 50e anniversaire du discours de Martin Luther King
Célébration du 50e anniversaire du discours de Martin Luther King © REUTERS/Kevin Lamarque
Pour célébrer le cinquantième anniversaire du fameux discours, les Etats-Unis consacrent presque une semaine de commémorations, avec des marches, débats, concerts, expositions dans toute la ville. Point d'orgue des festivités : **mercredi les cloches des églises se mettront à sonner à travers les Etats-Unis au moment où Barack Obama, le premier président noir du pays, prononcera un discours depuis les marches du Mémorial Lincoln.**
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