En déplacement en Géorgie où se tiennent ce mardi deux sénatoriales cruciales pour le contrôle du Sénat américain, le Président américain a tenu des propos incroyables lors d'un meeting à Atlanta.

Donald Trump en meeting à Dalton en Géorgie le 4 janvier 2021
Donald Trump en meeting à Dalton en Géorgie le 4 janvier 2021 © AFP / MANDEL NGAN

Lors d'un discours d'une heure et demie en Géorgie, censé regonfler les espoirs et les chances de deux candidats républicains à deux sénatoriales partielles cruciales ce mardi, Donald Trump a passé son temps à parler de lui, à refuser de nouveau le résultat des urnes de novembre dernier, à reprendre des théories complotistes et à proférer des attaques personnelles envers plusieurs politiques.

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Il maintient qu'il a gagné la Géorgie

Lors de la présidentielle en novembre, Joe Biden a remporté la Géorgie avec 11 779 voix de plus que Donald Trump. Pourtant, la Géorgie était un État républicain.

Lundi après-midi, les responsables électoraux de Géorgie ont décortiqué point par point les accusations de Donald Trump sur de supposées fraudes électorales dans cet État lors de la présidentielle. Ils ont démontré, chiffres à l'appui, qu'aucune fraude n'avait été décelée lors de trois recomptages. Malgré tout, lundi soir en meeting, le Président a réitéré ses accusations.

Il a continué à affirmer qu'il avait remporté l'État de Géorgie et qu'une fraude électorale massive avait permis à Joe Biden de l'emporter, et d'emporter l'élection présidentielle elle-même.

Ses cibles : la Cour Suprême, le Secrétaire d' État et le Gouverneur de Géorgie, des élus républicains, etc.

Le meeting était organisé pour encourager les républicains à se rendre aux urnes ce mardi. Mais dans un discours très décousu, Donald Trump n'a quasiment parlé que de lui et de ses adversaires. Il a même déclaré à plusieurs reprises "je vais battre Jon Ossoff [l'un des candidats démocrates en Géorgie, NDLR]".

Il est vrai que dans les campagnes de cet État conservateur, les pancartes "Trump 2020" restent nombreuses. Plus, d'ailleurs, que celles des sénateurs qu'il vient soutenir : les ex-homme et femme d'affaires Kelly Loeffler, 50 ans, et David Perdue, 71 ans.

Passant du coq à l'âne, le Président américain a attaqué les médias -y compris Fox News- et les réseaux sociaux pour ne pas avoir approuvé ses théories complotistes. Les sénateurs républicains ayant déjà refusé de soutenir sa contestation de la victoire de Joe Biden ont également été cités et critiqués par le Président.

Il a également visé la Cour Suprême, qui n'a pas validé les recours électoraux formulés dans plusieurs États. Tout comme le gouverneur et le Secrétaire d'État de Géorgie qui ont, tous deux, rejeté les présomptions de fraude électorale, là encore preuves à l'appui. Il est revenu à maintes reprises sur le fait que selon lui les habitants de la Géorgie n'ont pas pu voter majoritairement pour Joe Biden en novembre dernier :

"Il est impossible que nous ayons perdu la Géorgie"

"Ils ne prendront pas la maison Blanche ! Nous allons nous battre comme des diables, je vous le dis !"

Par ailleurs, il a mis la pression sur son propre Vice-Président Mike Pence pour qu'il pèse de tout son poids lors de la confirmation des résultats de la présidentielle mercredi 6 janvier par le Congrès. Aux États-Unis, le Vice-Président est en effet automatiquement le président du Sénat. Or, au lendemain de ces élections partielles, le Congrès se réunira pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden (306 contre 232).

L'issue de cette obligation constitutionnelle, qui relève d'ordinaire de la simple formalité, ne fait aucun doute. Mais douze sénateurs républicains ont annoncé qu'en soutien à Trump, ils s'opposeraient à la validation de Biden.

Il invite sur scène une adepte des thèses complotistes

Outre sa fille Ivanka et la candidate républicaine en Géorgie Kelly Loefller, Donald Trump a fait monter sur le podium Marjorie Taylor Greene, la première adepte des théories complotistes d'extrême-droite de QAnon, élue en novembre à la chambre des représentants.

Il est impossible de prévoir l'issue des deux sénatoriales en Géorgie, tant les sondages sont serrés.