Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir accepté de verser une aide financière à l'Ukraine en échange de l'ouverture d'une enquête contre Joe Biden et ses liens avec l'Ukraine. Après les auditions à huis clos, les auditions publiques commencent mercredi.

Les auditions publiques dans le cadre de la procédure d'impeachment s'annoncent dévastatrices pour Trump
Les auditions publiques dans le cadre de la procédure d'impeachment s'annoncent dévastatrices pour Trump © AFP / Brendan Smialowski

Après des semaines d'auditions menées à huis clos par les élus de la Chambre des représentants, la procédure d'impeachment lancée contre Donald Trump arrive sur un terrain encore plus glissant pour le président américain : les auditions publiques, télévisées, la plupart du temps en direct sur les grands réseaux télévisés. Les démocrates accusent Donald Trump d'avoir lié une aide financière à l'Ukraine à l'annonce publique par son homologue ukrainien Volodimir Zelenski de l'ouverture d'une enquête contre Joe Biden, son rival potentiel à la présidentielle de 2020, et son fils Hunter Biden. Les deux dirigeants se sont entretenus par téléphone le 25 juillet dernier.

Des dizaines de témoins vont se succéder à partir de mercredi 13 novembre et répondront aux questions des élus. Trois diplomates-clé, ayant fait part de leur inquiétude sur la position adoptée par Donald Trump dans ses échanges avec l'Ukraine, seront auditionnés cette fois-ci publiquement. Une fois l'enquête bouclée, les éléments recueillis seront transmis à la commission judiciaire chargée de rédiger les articles de mise en accusation. Les démocrates, qui sont majoritaires à la Chambre des représentants, sont déterminés à avancer vite et pourraient tenter de passer au vote, avant Noël, pour décider s'ils demandent au Sénat de se prononcer sur l'éventuelle destitution de Trump.

Le témoignage explosif de l'actuel ambassadeur d'Ukraine 

William Taylor a témoigné à huis clos pendant neuf heures et fourni une déclaration explosive. Le plus haut diplomate en Ukraine a admis que Trump avait conditionné le déblocage d'une aide financière à l'Ukraine à l'ouverture par Kiev d'une enquête sur la compagnie énergétique ukrainienne Burisma dans le but de nuire à Joe Biden. William Taylor a souligné que l'idée de bloquer une aide militaire au profit d'une campagne politique domestique était selon lui une "folie".

L'ex-ambassadrice d'Ukraine Marie Yovanovitch a peur pour sa peau

Marie Yovanovitch a été subitement limogée en mai dernier de son poste d'ambassadrice en Ukraine. Elle avait refusé de se prêter au jeu du donnant-donnant voulu par Trump pour nuire à la campagne de Joe Biden. L'ex-ambassadrice a déjà été interrogée à huis clos par les parlementaires dans le cadre de la procédure. Marie Yovanovitch se serait sentie menacée par les commentaires de Trump à son sujet. Des officiels ukrainiens auraient même dit qu'un allié de Rudy Giuliani comptait s'en prendre à elle. Le ministre de l'Intérieur ukrainien lui a même conseillé de surveiller ses arrières. 

L'ambassadeur américain auprès de l'UE a recouvré la mémoire

Gordon Sondland à son arrivée pour son audition au Congrés
Gordon Sondland à son arrivée pour son audition au Congrés © AFP / Olivier Douliery

Gordon Sondland a reconnu avoir dit à un haut responsable ukrainien que l'aide militaire américaine à l'Ukraine suspendue par Donald Trump ne serait pas débloquée tant que Kiev n'aurait pas annoncé publiquement l'ouverture d'une enquête anti-corruption. Ses déclarations s'ajoutent aux nombreux éléments déjà récoltés ces derniers jours par les démocrates. Gordon Sondland, qui avait déjà témoigné en octobre devant les commissions d'enquête de la Chambre des représentants, a présenté lundi dernier de nouveaux détails après s'être "rafraîchi" la mémoire.  

George Kent du département d'État accuse Rudy Giuliani

Inquiet des pressions exercées pour que Kiev enquête sur un rival de Donald Trump, un diplomate américain avait alerté sa hiérarchie dès la mi-août, bien avant que n'explose au grand jour l'affaire ukrainienne qui vaut au président des États-Unis d'être visé par une procédure de destitution. Cette révélation figure dans la copie, rendue publique jeudi, du témoignage au Congrès de George Kent, un responsable du département d'État en charge de l'Ukraine, réalisé à huis clos le 15 octobre. Ce diplomate a confirmé aux élus que l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, avait mené pendant des mois une campagne pour demander à Kiev d'enquêter sur Joe Biden. George Kent a déclaré :

Il était clair que l'ancien maire de New York avait de l'influence sur le président au sujet de l'Ukraine. Mais cela m'inquiétait sur un plan stratégique car, demander à un autre pays de lancer des poursuites à des fins politiques, affaiblit notre défense de l'État de droit

Un appel téléphonique "inhabituel et politique" pour une conseillère de Mike Pence

Jennifer Williams, collaboratrice de Mike Pence aurait confirmé la teneur de l'appel entre Trump et Zelensky
Jennifer Williams, collaboratrice de Mike Pence aurait confirmé la teneur de l'appel entre Trump et Zelensky © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Jennifer Williams a été entendue jeudi à huis clos au Congrès. Il s'agit de la première collaboratrice du vice-président à accepter la convocation des démocrates. Elle se trouvait dans la pièce lors de la conversation téléphonique, le 25 juillet, entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon CNN, Williams aurait confirmé lors de son audition que cet échange était "inhabituel" et très "politique". En la convoquant, les démocrates montrent leur intérêt sur ce que Pence savait ou pas dans cette affaire. 

► POUR EN SAVOIR PLUS | REGARDER : Breaking news sur abc,"des auditions publiques capitales commencent cette semaine" (en anglais)

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