Le "centre spirituel et culturel orthodoxe" à Paris est inauguré par les autorités russes mercredi

Inauguration mercredi de la cathédrale orthodoxe et du centre culturel russe de Paris
Inauguration mercredi de la cathédrale orthodoxe et du centre culturel russe de Paris © Maxppp / Aurélie Ladet/Le Parisien

L’absence de Vladimir Poutine, en pleine brouille entre Paris et Moscou sur la Syrie, n’a pas retardé les réjouissances auxquelles assisteront le ministre russe de la Culture et l'ambassadeur russe en France. Les autorités françaises devraient briller par leur absence.

Du centre spirituel et culturel on connait surtout la cathédrale de la Sainte-Trinité, avec ses cinq bulbes dorés et son grand dôme qui culmine à 37 mètres, œuvre de Jean-Michel Wilmotte. On parle moins du centre culturel (librairie, salles d'exposition et cafétéria), de la maison paroissiale comportant un auditorium de 200 places et des appartements, des bureaux du service culturel de l'ambassade de Russie, et de école bilingue franco-russe pouvant accueillir 150 élèves.

Le centre mélange donc joyeusement politique et religion sur un terrain, dans des bâtiments qui auront un statut diplomatique et qui se trouvent près du quai d’Orsay et du ministère de la défense, pas loin de l’Elysée. Cette proximité pose problèmes aux service secrets français, explique Galia Ackerman. Selon la spécialiste du monde russe et ex-soviétique, la France craindrait que la Russie installe des grandes oreille dans ces bâtiments.

Une démonstration de force qui déplaît à une partie des orthodoxes

Autre absent à la cérémonie de mercredi : le patriarche de Moscou et de toute la Russie, Kirill. Peut-être parce que le projet est éminemment politique, plus que religieux. Peut-être aussi parce que cette nouvelle implantation ne fait pas que des heureux parmi les orthodoxes d'origine russe en France qui eux ont fait le choix de la discrétion et l'intégration.

C’est le cas d'Alexandre Siniakov, il représente le patriarcat de Moscou et il a expliqué à Clara Lecocq Réale que la localisation dans le VIIe arrondissement représentait certainement un avantage du point de vue des diplomates, mais dit-il, "Pour nous chrétiens c'est secondaires, ce qui nous importe c'est l'accessibilité qui permettrait des conditions plus appropriés pour les activités habituelles d'une paroisse".

170 millions d'euros ont été déboursés par Moscou pour abriter, entre autres, cette cathédrale. Étrange, explique le clerc qui rappelle que d'après la constitution russe, comme en France, l'Eglise est séparée de l'Etat.

Alexandre Siniakov : "le contexte particulier dans lequel cette église se trouve, c'est à dire sur un terrain diplomatique, auprès d'une institution qui est gérée par l'ambassade d'un pays, nécessite un cadre précis et ce qui nous importe c’est une distinction entre ce qui relève de l'Etat et ce qui relève de l'Eglise".

On avait pourtant cru comprendre que les puissances étrangères ne devaient pas financer la construction de lieux de culte en France, ou du moins c’est l'objectif affiché par Manuel Valls lorsque cela concerne le culte musulman. Selon la chercheuse spécialiste de la Russie Cécile Vaissié, en 2007 le terrain au pied de la tour Eiffel avait été cédé à la Russie plutôt qu'à l'Arabie Saoudite qui voulait y construire une mosquée.

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